Une commission d'enquête centrée sur les inégalités fiscales
Alors que le gouvernement de Sébastien Lecornu II se félicite d'avoir écarté la taxe Zucman du budget 2026, adopté le 2 février, la question de la fiscalité des plus aisés refait surface. Cette fois, c'est le groupe centriste Libertés, indépendants, outre-mer et territoires (LIOT) qui porte le sujet, marquant un tournant dans le débat politique.
Un droit de tirage utilisé pour éclaircir les zones d'ombre
La création d'une commission d'enquête sur l'imposition des plus hauts patrimoines et des revenus les plus élevés a été validée mardi 3 février par la conférence des présidents de l'Assemblée nationale. Charles de Courson, député centriste de la Marne, en sera le rapporteur, tandis que la présidence reviendra à un membre de la majorité.
"Il y a eu beaucoup de polémiques sur le sujet, et il est temps d'y voir clair",a-t-il déclaré, soulignant l'urgence d'un examen approfondi.
Un timing stratégique avant le prochain budget
Avec un délai de six mois pour mener son travail, la commission devrait rendre ses conclusions avant les vacances parlementaires. Un calendrier qui coïncide avec les préparatifs du prochain budget, alimentant les spéculations sur d'éventuelles mesures correctives. Cette initiative intervient dans un contexte de tensions croissantes autour des inégalités économiques, alors que la gauche dénonce depuis des années l'insuffisance de la contribution des plus riches.
Un sujet qui dépasse les clivages traditionnels
Si la gauche a longtemps porté ce combat, l'initiative du groupe LIOT montre que la question dépasse désormais les clivages partisans. La droite et l'extrême droite, traditionnellement réticentes à toute hausse d'impôts, pourraient être mises en difficulté par les conclusions de cette enquête. En effet, plusieurs rapports internationaux, notamment ceux de l'OCDE, soulignent que la France reste en retard sur ses voisins européens en matière de taxation des très hauts revenus.
Un enjeu démocratique et social
Cette commission intervient alors que la crise des finances publiques s'aggrave, avec un déficit budgétaire persistant et une dette nationale qui pèse sur les générations futures. Pour les observateurs, cette enquête pourrait servir de catalyseur pour une réforme fiscale plus juste, inspirée des modèles nordiques ou scandinaves, où la redistribution des richesses est plus équilibrée.
Des précédents internationaux à méditer
Des pays comme la Norvège ou le Canada ont réussi à concilier croissance et équité fiscale, en imposant davantage les plus aisés. En France, où les inégalités se creusent, cette commission pourrait ouvrir la voie à un débat plus large sur la solidarité nationale.
Un défi pour le gouvernement
Le gouvernement Lecornu II, déjà sous pression sur plusieurs fronts, devra naviguer avec prudence. Toute mesure trop timide risquerait d'être perçue comme un renoncement, tandis qu'une réforme trop ambitieuse pourrait braquer une partie de l'électorat conservateur.