Un budget contesté et une motion de censure symbolique
Alors que l'Assemblée nationale examine deux motions de censure sur le refus du traité Mercosur, Éric Coquerel, député LFI et président de la Commission des finances, a exprimé son mécontentement face à la gestion du gouvernement. Dans une interview accordée à une matinale politique, il a critiqué l'absence de stratégie pour bloquer le traité, malgré le vote contre de la France à Bruxelles.
« Rien n'a été fait pour rassembler une coalition permettant d'empêcher cette signature. Emmanuel Macron a même exprimé son soutien au Mercosur quelques semaines avant notre résolution. »
Coquerel dénonce un exécutif minoritaire depuis sa défaite en juillet dernier, incapable de rassembler une majorité solide. Il souligne que la motion de censure, bien qu'a priori vouée à l'échec, reste un moyen de protester contre la politique internationale du gouvernement, notamment sur la question du Mercosur et la réaction face aux violations du droit international par les États-Unis.
Un budget agricole en berne et des annonces jugées insuffisantes
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé une loi d'urgence agricole, accompagnée d'un plan de 300 millions d'euros pour les agriculteurs. Cependant, ces mesures sont jugées dérisoires par Coquerel, qui rappelle que le budget de l'agriculture devrait diminuer de 18 % en deux ans. « Ces 300 millions ne compensent pas les baisses budgétaires massives imposées par le gouvernement. »
Le député LFI critique également l'utilisation du 49.3 comme outil de passage en force, une pratique qu'il juge autoritaire et démocratiquement discutable. Il plaide pour un retour aux urnes, estimant qu'un mauvais budget vaut mieux qu'une absence de budget.
La crise iranienne et la solidarité internationale
Coquerel a également évoqué la situation en Iran, où les manifestations contre le régime des mollahs se poursuivent malgré une répression violente. Il appelle à une solidarité internationale et à une condamnation ferme des violations des droits humains.
« Plusieurs milliers de personnes ont été massacrées. Il faut soutenir la mobilisation populaire iranienne, malgré la censure et l'isolement du régime. »
Une opposition fragmentée face à un gouvernement en difficulté
Alors que les Républicains et les socialistes refusent de soutenir la motion de censure, Coquerel dénonce une opposition divisée et timorée. Il accuse le gouvernement de privilégier les cadeaux fiscaux aux plus riches au détriment des services publics et des agriculteurs.
La menace d'un recours aux ordonnances plane, mais Coquerel y voit une manœuvre de pression pour forcer un compromis. Il promet de s'y opposer fermement, réclamant un budget clair et équitable pour 2026.