Un rejet historique du budget en commission des Finances
Le député La France insoumise (LFI) Éric Coquerel a vivement critiqué le Parti socialiste (PS) dimanche 11 janvier, estimant que ce dernier n'avait « pas matière » à faire des concessions face au gouvernement Lecornu II. Ses propos interviennent après le rejet par les députés, en commission des Finances, de la partie dépenses du budget de l'État, une décision qui pourrait précipiter la France vers des élections législatives anticipées.
Des lignes rouges du PS systématiquement bafouées
« Je ne vois pas matière à ce qui pourrait justifier la concession que les socialistes pourraient faire », a déclaré le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale. Selon lui, les revendications du PS, notamment sur la taxation des hauts patrimoines ou la préservation des APL, ont été « systématiquement battues » en nouvelle lecture.
« Boris Vallaud mettait des lignes rouges, eh bien j'observe que ces lignes rouges, que ce soit sur la taxation des hauts patrimoines, sur les coupes budgétaires vis-à-vis des APL ou des revenus d'activité, tout ça a été battu. »
Contrairement à la première lecture, où des amendements avaient permis d'atténuer certaines mesures, cette fois, « il n'y a eu quasiment rien de tout ça », regrette le député de Seine-Saint-Denis.
La menace de dissolution : un « coup de pression » du Premier ministre
Vendredi, le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé au ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, de préparer des élections législatives aux mêmes dates que les municipales (15 et 22 mars) en cas de censure du gouvernement. Une source proche de l'exécutif a confirmé qu'une dissolution suivrait une telle motion. Pour Éric Coquerel, il s'agit d'une manœuvre politique :
« Je ne pense pas qu'il souhaite une dissolution, mais on voit bien qu'il met une pression vis-à-vis à la fois du groupe socialiste et des LR, c'est-à-dire ceux qui, presque de manière symétrique, pourraient ne pas voter le texte. »
Cette stratégie intervient dans un contexte de tensions accrues entre la majorité présidentielle et l'opposition de gauche, alors que le gouvernement tente de faire adopter un budget jugé « antisocial » par une partie de l'hémicycle.
LFI prêt à une alliance avec le PS en cas d'élections anticipées
Si des législatives anticipées étaient organisées, Éric Coquerel a affirmé que LFI était prêt à s'allier avec le PS et Les Écologistes, à condition que leur alliance se fonde sur le programme du Nouveau Front populaire (NFP). « Il n'y a pas de raison que nous ne fassions pas ce que nous avions suggéré à l'automne », a-t-il déclaré, rappelant que le PS avait refusé de participer à une réunion en octobre 2025.
« C'est sa responsabilité, mais on voit bien qu'il y a peut-être matière, s'il y a des élections anticipées, à ce qu'on se retrouve avec ceux qui restent fidèles à notre programme. »
Cette proposition intervient alors que la gauche française peine à se rassembler face à une droite radicalisée et à une extrême droite en pleine ascension.
Un budget qui creuse les inégalités
Le rejet du budget en commission des Finances s'inscrit dans un contexte de crise sociale croissante. Les mesures prévues, notamment les baisses des APL et les exonérations fiscales pour les plus riches, ont suscité l'indignation des syndicats et des associations. Pour les opposants, ce budget « aggrave les inégalités » et « abandonne les classes populaires » au profit des grandes fortunes.
Alors que le texte doit être examiné en séance plénière dans les prochains jours, la menace d'une dissolution plane sur le gouvernement Lecornu II. Une telle décision pourrait précipiter la France dans une période d'instabilité politique, alors que le pays fait face à des défis économiques majeurs.