Un rejet historique en commission des finances
Les députés de la commission des finances ont rejeté en nouvelle lecture la partie « dépenses » du budget 2026, samedi 10 janvier, après avoir déjà bloqué la partie « recettes » la veille. Une manœuvre politique inédite qui illustre les tensions croissantes entre la majorité présidentielle et une opposition déterminée à faire plier le gouvernement.
Une coalition hétéroclite contre le budget
Les groupes Rassemblement national, La France insoumise, Ecologiste et social et Droite républicaine ont voté contre le texte. Les socialistes (PS), Les Démocrates et le groupe Ensemble pour la République (Renaissance) se sont abstenus, refusant de cautionner un budget jugé trop austère. Une absence notable a marqué les débats : les groupes Libertés, indépendants, outre-mer et territoires, Horizons, Union des droites pour la République (ciottistes) et Gauche démocrate et républicaine (communistes et ultramarins) n'étaient pas présents lors du vote.
Un budget sous haute tension
Le texte, examiné en nouvelle lecture après l'échec des discussions en première lecture en décembre, sera débattu dans l'Hémicycle à partir de mardi et théoriquement jusqu'au 23 janvier. Les débats de la commission, purement consultatifs, ont été marqués par un absentéisme massif des députés, reflétant l'ampleur des divisions politiques.
Le gouvernement face à un dilemme
Le Premier ministre Sébastien Lecornu pourrait être contraint d'utiliser l'article 49.3 ou une ordonnance « négociée » pour faire passer le budget. Une telle décision risquerait d'envenimer les relations avec le PS, dont le soutien est crucial pour éviter une motion de censure.
Les propositions de rabots rejetées
Le rapporteur général du budget, Philippe Juvin (Les Républicains), avait proposé un « rabot général » visant à diminuer les crédits de toutes les « missions » budgétaires, à l'exception des fonctions régaliennes. Son objectif : dégager environ 6,2 milliards d'euros d'économies. Mais les députés ont rejeté en bloc les rabots sur les missions éducation et écologie, érigées en priorités par le PS. Neuf autres missions, dont la santé, le sport ou l'action extérieure de l'État, ont également été rejetées.
Un déficit qui s'aggrave
Les députés ont augmenté les dépenses de 6,8 milliards d'euros par rapport à la version du Sénat, portant le déficit à 5,4 %. Une situation qui inquiète le gouvernement, qui entend pourtant doter la France d'un budget avant la fin du mois, avec un déficit inférieur à 5 % et des crédits renforcés pour la défense.
Une crise politique profonde
Ce rejet en commission des finances s'inscrit dans un contexte de crise des finances publiques et de tensions politiques croissantes. Alors que le gouvernement tente de maintenir un cap économique, l'opposition, unie dans son opposition, pourrait bien forcer une nouvelle crise institutionnelle.