Un budget militaire en hausse, mais à quel prix ?
Alors que le gouvernement Lecornu II a survécu aux motions de censure, le projet de loi de finances 2026 est désormais adopté en nouvelle lecture à l'Assemblée nationale. Malgré les critiques de l'opposition, le texte, qui n'aura jamais été discuté en séance, s'oriente vers une adoption définitive après son passage au Sénat.
L'armée, grande gagnante d'un budget déséquilibré
Le ministère des Armées sort grand vainqueur de ce budget, avec une enveloppe en hausse de 6,7 milliards d'euros par rapport à 2025. Les crédits de paiement atteignent désormais 57,1 milliards d'euros, conformément à la Loi de programmation militaire. « Être prêt à un engagement au plus tôt, tout en développant les capacités futures indispensables », justifie le document budgétaire, sans préciser les priorités concrètes.
Une stratégie budgétaire contestée
Cette hausse massive des dépenses militaires s'inscrit dans un contexte de tensions internationales, mais soulève des questions sur les choix politiques du gouvernement. « Pourquoi privilégier l'armement plutôt que les hôpitaux ou l'éducation ? » s'interroge l'opposition de gauche, dénonçant un déséquilibre flagrant.
« Ce budget reflète les priorités d'une droite sécuritaire, au détriment des services publics essentiels », critique un député insoumis.
Un débat politique polarisé
Alors que la droite applaudit cette décision, la gauche dénonce une stratégie de diversion. « Pendant que l'armée est surfinancée, les Français subissent des coupes budgétaires dans les domaines sociaux », déplore un porte-parole du Parti socialiste. Du côté de l'extrême droite, on salue cette hausse, mais réclame davantage de moyens pour les forces de l'ordre, alimentant ainsi la guerre des droites.
L'Europe et les alliances internationales en question
Cette augmentation des dépenses militaires s'inscrit dans un contexte de crise des relations franco-américaines, alors que Paris cherche à renforcer son autonomie stratégique. « La France doit se protéger des ingérences étrangères, notamment de la part des États-Unis et de la Chine », souligne un expert en défense. Cependant, cette orientation budgétaire interroge sur la cohérence de la politique étrangère française, alors que l'Union européenne prône une approche collective de la sécurité.