Un budget contesté, un gouvernement sous pression
L'Assemblée nationale a rejeté, mardi 27 janvier, deux motions de censure visant à renverser le gouvernement Lecornu II. La première, portée par La France insoumise (LFI), les écologistes et les communistes, n'a recueilli que 267 voix, loin des 289 nécessaires. La seconde, soutenue par le Rassemblement national (RN) et les députés de droite, n'a obtenu que 140 suffrages.
Ces motions faisaient suite à l'utilisation du 49.3 par le ministre de l'Économie, Sébastien Lecornu, pour faire adopter la partie dépenses du budget 2026. Une décision qui a suscité l'indignation de l'opposition, accusant le gouvernement de renoncement démocratique.
Un budget sous le feu des critiques
Les groupes de gauche hors PS dénoncent un texte qui sacrifie l'écologie et impose des coupes budgétaires inédites. Dans leur motion, ils critiquent un budget qui
continue de creuser le déficitet ignore les enjeux climatiques.
Le Parti socialiste (PS), en revanche, a refusé de soutenir cette motion, mettant en avant des avancées obtenues après des mois de négociations. Le groupe socialiste souligne notamment 8 milliards d'euros de recettes fiscales supplémentaires et 12 milliards pour le pouvoir d'achat.
La droite et l'extrême droite montent au créneau
Le RN et les députés de droite ont également déposé une motion, dénonçant un budget qui
ne répond pas à la crise du pouvoir d'achatet
n'offre aucune mesure de justice fiscale. Ils accusent le gouvernement de reniement et d'une gestion économique irresponsable.
Le texte, adopté en nouvelle lecture, sera examiné jeudi au Sénat. Celui-ci pourrait le rejeter d'emblée, permettant un retour rapide à l'Assemblée pour une lecture définitive. Le Premier ministre pourrait alors engager la responsabilité de son gouvernement une troisième fois dès vendredi, ouvrant la voie à deux nouvelles motions de censure.
Un débat parlementaire sous tension
Cette séquence parlementaire s'inscrit dans un contexte de crise des finances publiques et de crise de la démocratie locale, alors que les Français expriment un profond mécontentement face aux politiques économiques du gouvernement. Les partis d'opposition multiplient les critiques, tandis que le pouvoir tente de défendre un budget présenté comme réaliste.
Avec ces rejets successifs, le gouvernement Lecornu II évite une chute, mais reste sous pression. Les prochains jours pourraient être décisifs, alors que les motions de censure pourraient être rejetées dès le 2 ou 3 février, mettant fin à quatre mois de débats houleux.