Un budget en péril malgré les négociations
Jeudi 8 janvier 2026, les députés se retrouvent en commission des finances pour examiner le budget de l'État en nouvelle lecture. Les positions n'ont pas évolué depuis l'échec des discussions en décembre, plongeant le gouvernement dans une impasse budgétaire.
Des négociations au point mort
Les échanges informels entre parlementaires et le gouvernement de Sébastien Lecornu n'ont pas permis de débloquer la situation. « Nos demandes sont connues, on n'a pas bougé d'un iota », souligne une source socialiste. Fin décembre, la commission mixte paritaire avait acté l'échec des discussions, laissant la France sous le régime d'une loi spéciale coûteuse.
Le gouvernement sous pression
Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a alerté sur le coût croissant de cette situation.
« La loi spéciale se chiffrera a posteriori à plusieurs milliards d'euros. Et plus ça dure, plus ça coûte », a-t-il déclaré. Face à cette urgence, le gouvernement a organisé une réunion à Bercy avec plusieurs groupes politiques, mais sans La France insoumise et le Rassemblement national.
Le 49.3, solution de dernier recours ?
Plusieurs voix, y compris au sein du Parti socialiste, plaident désormais pour le recours à l'article 49.3. « Il faut arrêter de faire croire que l'on peut sortir du chapeau des solutions majoritaires », estime un député du bloc central. François Hollande a été explicite : « Je ne pense pas qu'il y a d'autre issue que l'article 49.3 ».
Les exigences du PS et les réticences du bloc central
Le Parti socialiste demande neuf ou dix milliards d'euros supplémentaires, axés sur la justice fiscale et la transition écologique. Cependant, certains au sein du bloc central mettent en garde contre des concessions trop importantes. « Les socialistes doivent être moins gourmands », avertit l'ancien ministre Marc Ferracci.
Un accord de non-censure en vue ?
Malgré les tensions, Bercy se félicite d'une réunion « constructive ». Deux semaines de débat sont prévues à l'Assemblée, mais certains plaident pour un recours rapide au 49.3. « Il va falloir sortir plusieurs 49.3, si c'est la voie choisie », confie une source MoDem.
La menace d'une crise politique
Sébastien Lecornu a laissé entendre que le gouvernement prendrait ses responsabilités. « Le Parlement prendra ses responsabilités, le gouvernement aussi », a-t-il déclaré. Une phrase interprétée comme une ouverture au 49.3, malgré les promesses initiales de ne plus y recourir.