Un budget sous tension
Alors que les discussions budgétaires s'enlisent à l'Assemblée nationale, le gouvernement Lecornu II envisage sérieusement de recourir à des outils constitutionnels controversés pour faire adopter le budget 2026. Une décision cruciale devrait être prise entre vendredi et mardi, selon des sources proches de Matignon.
Le 49.3 ou les ordonnances : une arme politique
Face à l'obstruction systématique de l'opposition, notamment de la part des groupes d'extrême droite et de gauche radicale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a laissé entendre que rien n'était exclu pour faire passer le budget. « On ne s'interdit rien pour que la France ait un budget », a déclaré Roland Lescure, ministre de l'Économie, ce jeudi matin.
Le recours au 49.3 – qui permet d'adopter un texte sans vote – ou aux ordonnances – qui transfèrent le pouvoir législatif au gouvernement – serait une manière de contourner les blocages politiques. Une source gouvernementale a reconnu que « tout le monde a compris que le budget ne pouvait pas être voté normalement ».
Un budget sous haute surveillance européenne
Alors que la France doit respecter les critères européens de maîtrise des finances publiques, ce budget s'annonce comme un test pour la crédibilité du gouvernement. « On va bien ficeler le rôti et travailler la farce tous ensemble », a déclaré Sébastien Lecornu en privé, utilisant une métaphore culinaire pour évoquer la nécessité d'un texte solide.
Les tensions sont d'autant plus vives que le gouvernement a échappé de justesse à deux motions de censure mercredi, déposées par La France Insoumise et le Rassemblement National. Ces deux formations, farouchement opposées à la politique économique du gouvernement, pourraient continuer à faire obstacle.
Un budget qui divise la majorité
Même au sein de la majorité, les désaccords persistent. Certains députés de la majorité présidentielle craignent que l'utilisation du 49.3 ou des ordonnances ne soit perçue comme un déni de démocratie, alors que d'autres y voient une nécessité pour éviter un blocage prolongé.
Dans ce contexte, le gouvernement tente de rassurer en affirmant que « il n'y aura pas de budget définitif avant la première quinzaine de février », quel que soit le mode d'adoption choisi.
Les enjeux derrière le budget 2026
Ce budget intervient dans un contexte de crise des finances publiques, aggravée par les dépenses liées à la transition écologique et aux politiques sociales. Le gouvernement doit également composer avec les exigences de Bruxelles, qui surveille de près la dette française.
Alors que la gauche radicale dénonce une politique d'austérité déguisée, la droite et l'extrême droite accusent le gouvernement de dépenser sans contrôle. Dans ce bras de fer politique, c'est finalement le peuple français qui pourrait faire les frais d'un budget mal négocié.