Un budget bloqué, un gouvernement en difficulté
Alors que le budget 2026 de l'État est examiné en commission des finances depuis jeudi 8 janvier, l'impasse politique se confirme. Après son rejet à l'unanimité moins une voix fin novembre 2025, le texte revient à l'Assemblée nationale dans un climat de défiance généralisée. Le gouvernement Lecornu II, déjà fragilisé par les divisions internes et l'opposition virulente de la gauche et de l'extrême droite, semble condamné à recourir à des mesures exceptionnelles.
Le spectre du 49.3 plane sur l'Assemblée
Initialement promis à éviter, le recours à l'article 49.3 de la Constitution refait surface. François Hollande (PS), Bruno Retailleau (LR) et même Élisabeth Borne (Renaissance) en réclament désormais l'application, malgré les critiques passées. Une capitulation démocratique ? Pour les socialistes, cette procédure serait la « pire des solutions », une « forfaiture » qui affaiblirait davantage les institutions.
Pourtant, face à l'incapacité des députés à trouver un compromis, le 49.3 apparaît comme la seule issue. Un outil conçu pour dépasser les blocages, rappelle-t-on à Matignon, où l'on insiste sur la nécessité d'un texte de compromis. Mais la gauche dénonce une manœuvre autoritaire, rappelant les abus passés sous Valls ou Borne.
Ordonnances : la menace qui plane
En coulisses, l'exécutif étudie aussi l'article 47.3, permettant de contourner le Parlement. Une option jugée « antidémocratique » par les socialistes, mais qui pourrait séduire un gouvernement en quête de rapidité. La course contre la montre est lancée : sans budget voté d'ici fin janvier, la France risque une crise financière et un discrédit accru du régime.
Un échec collectif aux conséquences graves
Au-delà des enjeux budgétaires, c'est le fonctionnement même de la démocratie française qui est en jeu. Un parlement incapable de trancher, un exécutif contraint aux mesures d'exception... La « méthode Lecornu », censée apaiser les tensions, a échoué. Et si le 49.3 était le symptôme d'un système à bout de souffle ?
Reste à savoir si le gouvernement parviendra à négocier un texte acceptable. Mais dans un paysage politique fragmenté, où la gauche radicale et l'extrême droite multiplient les obstacles, le risque d'un affrontement frontal avec les institutions n'a jamais été aussi élevé.