Un budget sous haute tension
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de sauver son budget 2026, les tensions montent entre la majorité et l'opposition. Le Parti socialiste (PS), mené par Olivier Faure, a posé un ultimatum : il ne censurera pas le gouvernement via l'article 49.3 de la Constitution, mais à deux conditions.
Des mesures sociales sous conditions
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé vendredi soir plusieurs mesures en faveur du pouvoir d'achat, notamment une augmentation de 50 euros en moyenne de la prime d'activité pour plus de trois millions de ménages modestes. Une mesure saluée par la gauche, mais qui reste floue sur son financement.
Olivier Faure a exigé que les députés socialistes aient accès à la copie complète du budget et que le financement des mesures ne se fasse pas « sur le dos des Français ». Une allusion claire aux risques de compensation par des baisses d'autres aides ou des hausses d'impôts indirects.
La surtaxe sur les grandes entreprises, un enjeu clé
Le PS réclame le maintien d'une surtaxe sur les grandes entreprises, une mesure soutenue par le gouvernement mais rejetée par la droite (LR) et Renaissance. Le ministre de l'Économie Roland Lescure a évoqué des « chiffrages en cours », sans préciser si cette surtaxe serait maintenue à 8 milliards d'euros comme le souhaite la gauche.
Cette surtaxe, initialement prévue à 4 milliards dans le projet de loi, avait été portée à 6,3 milliards par un amendement gouvernemental. Mais les groupes LR et Renaissance, opposés à cette mesure, ont refusé de la soutenir. Le PS, lui, exige son maintien à 8 milliards, une position qui pourrait déterminer son soutien au budget.
Un gouvernement sous pression
Avec un budget déjà fragilisé par la crise des finances publiques, le gouvernement Lecornu II joue un jeu dangereux. Si les socialistes décident de censurer le projet, cela pourrait déclencher une crise politique majeure, alors que la France se prépare pour les élections de 2027.
Dans ce contexte, la question du financement des mesures sociales reste centrale. Les socialistes refusent toute mesure qui « prendrait d'une main ce qu'on donne de l'autre », une critique implicite envers les politiques d'austérité souvent associées à la droite.
Une stratégie politique à haut risque
Alors que le gouvernement tente de rassurer sur sa volonté de justice sociale, l'opposition de droite accuse le PS de jouer un double jeu. Pour les LR et Renaissance, cette surtaxe sur les entreprises serait un frein à la compétitivité, alors que la gauche y voit un moyen de rééquilibrer les inégalités.
Reste à savoir si le gouvernement parviendra à convaincre les socialistes, ou s'il devra recourir à l'article 49.3, une option risquée à quelques mois des élections.