Un budget sous tension
Le projet de budget 2026, dévoilé vendredi par le Premier ministre Sébastien Lecornu, suscite des réactions contrastées. Si la gauche salue certaines mesures sociales, elle s’inquiète des recettes manquantes et d’un possible passage en force par ordonnances.
Des avancées sociales, mais des questions sur le financement
Parmi les annonces phares figurent une hausse de 50 euros en moyenne de la prime d’activité, une promesse qui rappelle les revendications des Gilets jaunes. « On a obtenu autant qu’eux », se félicite Philippe Brun, député socialiste de l’Eure et négociateur pour le budget. Le gouvernement a également prévu 2 000 postes supplémentaires dans l’Éducation nationale, des repas à un euro pour les étudiants et 200 millions d’euros pour le fonds vert.
Cependant, le député socialiste reste prudent : « Ces propositions correspondent à notre contre-budget, mais les recettes supplémentaires promises n’ont pas été détaillées ». Il craint que les économies ne soient réalisées au détriment des classes populaires et moyennes.
L’ombre des ordonnances plane sur le Parlement
La menace d’un budget adopté par ordonnances, évoquée par le gouvernement, fait bondir l’opposition. « Ce serait une rupture démocratique inacceptable », dénonce Philippe Brun. « Les députés existent pour contrôler l’usage des deniers publics. Si le gouvernement passe en force, ce sera un coup d’État antidémocratique ».
Le député socialiste menace même de déposer une motion de censure si cette voie est choisie. « Le Parlement ne peut être court-circuité », insiste-t-il, rappelant que les amendements pourraient bloquer le processus pendant des semaines.
Un contexte politique explosif
Alors que la France traverse une crise de la démocratie locale et une crise des finances publiques, ce budget s’inscrit dans une stratégie plus large du gouvernement pour préparer les élections de 2027. La gauche, en position de force après les dernières élections législatives, entend bien faire entendre sa voix.
Reste à savoir si le gouvernement cédera sur les recettes ou si la confrontation institutionnelle s’aggravera. Une chose est sûre : le budget 2026 sera un test pour la stabilité du pays.