Un recours au 49.3 controversé pour un budget sous tension
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a engagé, ce mardi 20 janvier, la responsabilité de son gouvernement sur la partie recettes du budget 2026, marquant le premier d’une série de trois 49.3 censés accélérer l’adoption du texte avant la mi-février. Une décision perçue comme un revirement après son renoncement à cet outil constitutionnel il y a trois mois, suscitant des réactions vives de l’opposition.
Un choix « amèrement » assumé
Dans un discours teinté de regret, Lecornu a justifié ce recours en invoquant l’urgence budgétaire : « Tenir ma parole aurait signifié l’échec de ce budget, indispensable pour financer les armées et soutenir les agriculteurs en crise. » Une justification qui contraste avec les critiques de l’opposition, notamment de la France insoumise et du Rassemblement national, dénonçant une démocratie bafouée.
Un budget sous haute tension politique
Le texte, salué par Emmanuel Macron pour son équilibre budgétaire (5 % de déficit du PIB), a été rejeté en première lecture en décembre. Les écologistes, communistes et une partie du Parti socialiste (PS) ont refusé de le soutenir, laissant Lecornu face à un dilemme : l’ordonnance budgétaire (sans vote) ou le 49.3. Ce dernier a été choisi pour son « caractère plus démocratique », selon Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement.
La gauche en ordre dispersé
Si la France insoumise et le RN ont annoncé des motions de censure, le PS, bien que critique, semble prêt à ne pas voter la censure. Boris Vallaud, chef des députés socialistes, a évoqué des « victoires substantielles » obtenues sur le fond, estimant que le 49.3 était la « moins mauvaise solution ». Une position qui pourrait sauver Lecornu, mais au prix d’une cohésion fragilisée à gauche.
Un contexte de crises multiples
Ce budget s’inscrit dans un contexte de crise agricole et de tensions internationales, où la France doit concilier rigueur budgétaire et investissements stratégiques. Les critiques de Marine Le Pen sur des « annonces irresponsables » pour « acheter le PS » illustrent la polarisation croissante, alors que les élections de 2027 approchent.