Une manifestation agricole qui dérange
Jeudi 8 janvier 2026, Paris se réveille sous le poids des tracteurs. Une centaine d’engins agricoles, selon le ministère de l’Intérieur, ont envahi la capitale dès l’aube. Les agriculteurs, regroupés au sein de la Coordination rurale, ont choisi des cibles symboliques : la tour Eiffel, l’Arc de Triomphe, et même des tentatives de blocage de l’A13 en direction de Paris. Leur colère vise deux fronts : le projet d’accord commercial avec le Mercosur et la gestion gouvernementale de l’épizootie de dermatose nodulaire bovine.
Un dialogue rompu ?
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a pourtant multiplié les rencontres avec les syndicats agricoles cette semaine, promettant des « annonces concrètes » d’ici vendredi. Mais pour Maud Brégeon, porte-parole du gouvernement, ces actions restent « inacceptables ».
« Tout ça est illégal, nous ne laissons pas faire et nous ne laisserons pas faire »,a-t-elle martelé sur les ondes, évoquant un possible appel à manifester devant l’Assemblée nationale.
Le Mercosur, un accord « d’un autre temps »
Sur le dossier du Mercosur, la position française reste ferme. « Ce traité n’est ni juste ni équitable », a rappelé Brégeon, soulignant que « le compte n’y est pas ». Elle a toutefois nuancé : « Le vote de vendredi et l’éventuelle signature de lundi ne seront pas la fin de l’histoire », évoquant la possibilité pour le Parlement européen de saisir la Cour de justice de l’UE.
La dermatose nodulaire, un échec sanitaire ?
Concernant l’épizootie, le gouvernement se défend. « On a mis le paquet sur la vaccination », assure Brégeon. Pourtant, les agriculteurs dénoncent une « gestion chaotique » de cette crise, révélatrice des lacunes de la politique sanitaire française.
Un gouvernement sous pression
Alors que la crise agricole s’invite dans le débat public, le gouvernement Lecornu II fait face à une montée des tensions. Les blocages parisiens, qualifiés d’« illégaux » par la porte-parole, pourraient alimenter les critiques sur la « faiblesse » de l’exécutif face aux mouvements sociaux. À quelques mois des élections européennes, cette crise rappelle les défis persistants de la souveraineté industrielle et alimentaire française.