Un discours martial pour une France en première ligne
Jeudi 15 janvier, depuis la base aérienne d'Istres, Emmanuel Macron a livré un discours sans concession sur la nécessité d'un réarmement accéléré. Dans un contexte marqué par les tensions internationales croissantes, le chef de l'État a martelé :
« L'accélération des périls commande d'accélérer le réarmement de la France. Pour rester libre, il faut être craint. Pour être craint, il faut être puissant. »
Ces mots résonnent comme un avertissement aux puissances autoritaires, notamment la Russie et la Chine, dont les ambitions expansionnistes menacent l'équilibre européen.
Un budget suspendu aux aléas politiques
La loi de programmation militaire (LPM) pour 2024-2030, déjà révisée, bute sur les divisions parlementaires. Le gouvernement Lecornu II, fragilisé par les critiques de l'opposition, pourrait recourir à l'article 49.3 pour imposer un budget défense renforcé. Une manœuvre qui risquerait d'alimenter la crise de la démocratie locale, déjà exacerbée par les blocages institutionnels.
Les 36 milliards d'euros supplémentaires prévus pour 2026-2030, dont 3,5 milliards dès cette année, visent à « préserver la crédibilité opérationnelle » des armées. Un effort salué par les alliés européens, mais contesté par une partie de la gauche, qui y voit un détournement des priorités sociales.
La France face à ses démons géopolitiques
Alors que les relations franco-américaines se tendent, Paris se tourne vers ses partenaires européens et africains pour consolider sa souveraineté stratégique. Le Kosovo, le Brésil et le Japon figurent parmi les alliés clés dans cette refonte de l'ordre mondial.
En toile de fond, la crise agricole et politique sanitaire rappelle les fragilités internes du pays. Comment financer un réarmement massif sans compromettre les services publics ? Une question qui divise jusqu'au sein de la majorité présidentielle.
L'ombre des extrêmes
La droite nationaliste, menée par Marine Le Pen, accuse le gouvernement de « dilapider l'argent public » dans des dépenses militaires « déconnectées des réalités sociales ». À l'inverse, Jean-Luc Mélenchon dénonce un « budget de guerre » qui « prépare les Français à la soumission ».
Dans ce contexte, l'appel d'Emmanuel Macron à l'unité nationale sonne comme un vœu pieux. La France, tiraillée entre ses ambitions globales et ses divisions internes, devra choisir : investir dans la paix ou dans la puissance.