Un budget en péril malgré les menaces du gouvernement
Alors que les négociations sur le projet de loi de finances pour 2026 s'enlisent, le ministre de l'Économie Roland Lescure a laissé entendre jeudi 15 janvier qu'aucun outil ne serait écarté pour faire adopter le texte, y compris l'article 49.3 ou les ordonnances. Une menace qui intervient dans un contexte de crise des finances publiques et de tensions croissantes avec l'opposition.
Un accord sur le fond, mais pas sur les moyens
Interrogé sur France Inter, Lescure a affirmé travailler « sur le fond » avec les groupes parlementaires, mais a refusé de s'interdire aucune méthode pour aboutir. « On ne s'interdit rien pour que la France ait un budget, parce qu'on en a besoin et qu'on peut l'avoir », a-t-il déclaré, avant d'ajouter : « Il faut d'abord qu'on ait un accord sur le fond, mais une fois qu'on l'aura, on trouvera le moyen de le faire adopter ».
La droite et l'extrême droite bloquent le processus
Depuis mardi, l'Assemblée nationale examine le projet de budget, mais les divergences entre les partis rendent une adoption classique illusoires. Lescure a pointé du doigt les stratégies d'obstruction de la droite et de l'extrême droite, qui refusent toute concession sur des mesures sociales et écologiques jugées « trop coûteuses ». « Il est temps de passer à autre chose », a-t-il lancé, évoquant les conséquences d'un blocage : « Des associations risquent de manquer de budget, il faut décarboner les entreprises, maintenir la compétitivité… »
La menace Trump plane sur le Groenland
Dans une allusion à peine voilée aux déclarations du président américain Donald Trump sur le Groenland, Lescure a souligné la nécessité d'un budget pour faire face à des « alliés de 250 ans qui envisagent d'annexer un territoire souverain de l'Union européenne ». Une référence à la crise des relations franco-américaines, alors que Washington multiplie les pressions sur les partenaires européens.
L'impôt des plus fortunés au cœur des tensions
Le ministre a également réagi aux propos de son prédécesseur Éric Lombard, qui avait évoqué des « milliers de Français fortunés ne payant aucun impôt sur le revenu ». Lescure a démenti fermement : « Il n'y a pas de document à Bercy ou ailleurs qui dit qu'il y a des milliers de Français qui payent zéro impôt », confirmant les dires de la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin. Une polémique qui illustre les tensions internes au sein de la majorité.
Un gouvernement sous pression
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de naviguer entre les exigences budgétaires et les attentes sociales, la menace d'utiliser le 49.3 pourrait exacerber les critiques. La gauche, majoritaire à l'Assemblée, accuse déjà la droite et l'extrême droite de saboter les réformes, tandis que les syndicats dénoncent un budget « injuste et insuffisant ». Dans ce contexte, l'adoption du texte s'annonce comme un test majeur pour la stabilité politique du pays.