Un vote historique sous tension
L'Assemblée nationale a définitivement adopté, mardi 16 décembre 2025, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) avec 247 voix pour et 232 contre. Ce scrutin, marqué par une opposition farouche de la droite et de l'extrême droite, scelle une première victoire pour le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui doit désormais affronter le défi bien plus incertain du projet de loi de finances (PLF).
Une adoption sous haute surveillance
Bien que le texte ait été approuvé une première fois le 9 décembre, son rejet par le Sénat vendredi dernier a contraint les députés à une ultime lecture. Les socialistes, le MoDem, Ensemble pour la République et le groupe Liot ont porté l'essentiel des votes favorables, tandis que Les Républicains (LR) et Horizons ont majoritairement choisi l'abstention, une position jugée par certains comme une fuite face à leurs responsabilités.
L'extrême droite et la gauche radicale unis dans le rejet
Les députés insoumis, communistes et du Rassemblement national (RN) ont voté à l'unisson contre le texte, une coalition improbable qui révèle les fractures persistantes au sein de l'opposition. Les écologistes, eux, ont maintenu leur abstention, une posture critiquée par certains comme un manque de courage politique.
"Voter contre était un devoir", ont déclaré les députés insoumis Rodrigo Arenas et Loïc Prud'homme, soulignant leur refus de s'abstenir.
Les regards tournés vers le PLF
Alors que le PLFSS est désormais adopté, tous les regards se tournent vers le projet de loi de finances (PLF), dont l'avenir est bien plus incertain. Après un rejet massif à l'Assemblée nationale en novembre, une nouvelle version remaniée a été adoptée par le Sénat lundi. Une Commission mixte paritaire (CMP) doit désormais tenter de trouver un compromis avant que le gouvernement ne soit contraint d'utiliser une "loi spéciale" pour assurer le fonctionnement de l'État.
Cette situation rappelle les tensions récurrentes entre l'exécutif et une opposition fragmentée, incapable de proposer une alternative crédible face aux défis économiques et sociaux du pays.