Un budget qui sonne le glas du quinquennat
Alors que le gouvernement Lecornu II s’apprête à boucler le budget 2026, Gabriel Attal, figure montante de Renaissance, ne cache plus son impatience. Le chef de file des députés macronistes a multiplié les critiques ces derniers mois, malgré sa position officielle de soutien à l’exécutif. Une tension palpable, révélatrice des fractures au sein du camp présidentiel.
Une critique à peine voilée de Macron
Dans une interview accordée au Parisien le 17 janvier, Attal a qualifié le processus budgétaire de « spectacle lamentable » et dénoncé « l’absence de cap totale ». Une charge qui s’inscrit dans une série de prises de position éloquentes, notamment lors de la réunion de son groupe parlementaire :
« Ce 49.3 sur un budget subi acte la fin du quinquennat. Il faut se projeter dans l’après. »
Une déclaration qui résonne comme un appel du pied à l’élection présidentielle de 2027, alors que les relations entre Attal et Emmanuel Macron sont au plus bas depuis la dissolution de l’Assemblée en juin 2024.
Un camp présidentiel divisé
La stratégie d’Attal contraste avec la ligne officielle du gouvernement, incarnée par Sébastien Lecornu. Le premier ministre, qui avait promis de ne pas utiliser le 49.3, a finalement dû s’y résoudre, provoquant un tollé au sein même de la majorité. Une décision perçue comme un aveu d’impuissance face à une opposition radicale et une droite en pleine guerre des egos.
Pourtant, malgré ces tensions, Attal reste un atout pour le camp présidentiel. Son profil jeune et réformiste pourrait séduire une partie de l’électorat centriste, lassé par les atermoiements de l’exécutif. Mais son ambition personnelle risque de fragiliser davantage une majorité déjà fragilisée par les divisions internes.
Vers une candidature anticipée ?
Alors que la campagne des européennes de 2026 approche, Attal semble déterminé à imposer son agenda. Ses prises de position récentes suggèrent une volonté de se démarquer, voire de préparer une candidature anticipée. Une stratégie risquée, alors que le président Macron peine à rassembler son camp autour d’un projet commun.
Dans ce contexte, la question de la succession présidentielle s’invite plus tôt que prévu. Et si Attal parvient à capitaliser sur les errements du quinquennat, il pourrait bien devenir le fer de lance d’une nouvelle génération politique, prête à tourner la page.