Un climat de tension au sein de la commission sur l'audiovisuel public
La commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public est au cœur d'une vive polémique. Le président de cette instance, le député Horizons Jérémie Patrier-Leitus, a tenté de rassurer en rappelant que « une commission d'enquête n'est pas un tribunal ». Pourtant, quatre de ses collègues, issus de la gauche et du centre, ont saisi la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, pour dénoncer un dérive inquiétante.
Une « chasse aux sorcières » dénoncée par l'opposition
Dans un courrier envoyé lundi 2 février, Ayda Hadizadeh (PS), Sophie Taillé-Polian (Génération.s), Erwan Balanant (MoDem) et Céline Calvez (Renaissance) ont accusé le rapporteur Charles Alloncle (Union des droites pour la République) de mener une campagne de harcèlement contre les personnes auditionnées.
« Chaque audition jette en pâture sur les réseaux sociaux les personnes auditionnées, contraintes parfois de se justifier abusivement sur des éléments propres à leur vie privée. »
Les signataires dénoncent des méthodes « contraires à l'esprit républicain », soulignant que ces pratiques nuisent à la crédibilité de l'institution. Une première mise en garde avait déjà été adressée à M. Alloncle en décembre 2025 par Mme Braun-Pivet, lui demandant de « faire preuve de retenue ».
Un contexte politique tendu
Cette affaire s'inscrit dans un climat politique national marqué par des tensions croissantes entre la majorité présidentielle et l'opposition. Alors que le gouvernement Lecornu II tente de consolider son assise, les divisions au sein de l'Assemblée nationale se creusent, notamment sur les questions liées à la liberté de la presse et à l'indépendance de l'audiovisuel public.
Du côté de la majorité, certains estiment que cette polémique est « instrumentalisée » par la gauche pour discréditer une commission dont les travaux pourraient révéler des dysfonctionnements dans le secteur public. À l'inverse, les signataires du courrier dénoncent une dérive autoritaire qui rappelle les pires heures des régimes illibéraux.
Des enjeux qui dépassent le cadre parlementaire
Cette affaire soulève des questions plus larges sur la place des médias dans le débat démocratique. Alors que l'Union européenne s'inquiète de la montée des discours hostiles aux journalistes, cette polémique illustre les tensions persistantes entre le pouvoir politique et la presse.
Dans un contexte où la confiance des citoyens dans les institutions est en berne, cette affaire pourrait alimenter le sentiment d'une « démocratie en crise ». Les prochaines semaines seront décisives pour savoir si la présidente de l'Assemblée nationale saura rétablir un climat de sérénité, ou si cette affaire deviendra un nouveau symbole des divisions politiques françaises.