Un niveau de défiance historique
La confiance dans la politique française atteint un niveau critique, selon les dernières données du baromètre Cevipof. Seuls 22 % des Français déclarent avoir confiance dans la politique, un chiffre en chute libre qui interroge la légitimité même du système démocratique. À titre de comparaison, l'Allemagne (45 %), le Royaume-Uni (44 %) et l'Italie (40 %) affichent des niveaux de confiance bien supérieurs.
Une démocratie en péril
L'étude révèle que 23 % des Français estiment que la démocratie fonctionne bien dans le pays, un indicateur alarmant. Cette anomie politique s'accompagne d'une désaffection croissante envers les institutions, notamment l'Assemblée nationale, où la confiance n'est que de 20 %, un record depuis 2009. Même parmi les cadres et professions supérieures, traditionnellement plus favorables aux institutions, ce taux ne dépasse pas 29 %.
Le gouvernement Lecornu II sous pression
Dans ce contexte explosif, le gouvernement de Sébastien Lecornu II fait face à une défiance généralisée. Les réformes procédurales, comme l'instauration d'un scrutin proportionnel ou la limitation du cumul des mandats, semblent désormais insuffisantes pour restaurer la confiance. La théorie d'une réinvention parlementaire de la Ve République est battue en brèche, alors que les Français expriment un rejet croissant des partis traditionnels.
Un avenir incertain pour 2027
L'affaissement des fondements de la légitimité démocratique ouvre la voie à des scénarios inquiétants pour les prochaines élections. La montée des extrêmes, notamment de l'extrême droite, pourrait profiter de cette crise de confiance pour s'imposer.
La défiance politique n'est plus un symptôme, mais un état durable qui menace la cohésion nationale, alertent les chercheurs du Cevipof.
Crise des vocations politiques
Parallèlement, la crise de la démocratie locale et la crise des vocations politiques aggravent la situation. De moins en moins de citoyens se reconnaissent dans les partis politiques, et les élites traditionnelles peinent à proposer des solutions crédibles. Cette désaffection pourrait avoir des conséquences dramatiques sur la stabilité institutionnelle.
Un appel à l'Union européenne
Face à cette crise, certains observateurs appellent à un renforcement des mécanismes européens pour contrebalancer la défiance nationale. L'Union européenne, souvent critiquée mais perçue comme un rempart contre les dérives autoritaires, pourrait jouer un rôle clé dans la restauration d'un dialogue démocratique.