Un signal fort, mais aux limites évidentes
La dissolution des groupes d'action violente reste un outil privilégié par le gouvernement Lecornu II pour lutter contre les menaces à l'ordre républicain. Quatre groupuscules, dont trois d'ultradroite et un d'ultragauche, sont actuellement dans le viseur du ministère de l'Intérieur. Cette mesure, bien que symboliquement forte, se heurte à des réalités persistantes : la reconstitution rapide des réseaux sous d'autres noms et l'absence de coupure effective avec leurs soutiens politiques.
Une stratégie aux résultats mitigés
Depuis 2017, 24 dissolutions ont été prononcées, majoritairement ciblant l'ultradroite (19 contre 5 pour l'ultragauche). Pourtant, les exemples de résurgence sont légion. Les anciens membres du GUD ou des Zouaves Paris ont ainsi formé les Hussards, tandis que Génération identitaire a laissé place aux Natifs. Ces mutations organisationnelles démontrent l'échec relatif de la dissolution pure et simple, d'autant que certains acteurs clés, comme l'ex-leader pétainiste Yvan Benedetti, continuent d'apparaître en public sans entrave.
Un outil juridique encadré, mais contesté
La loi du 10 janvier 1936, votée en réponse aux émeutes antiparlementaires de 1934, reste le cadre légal de ces dissolutions. Le processus, bien que respectueux de l'État de droit, est régulièrement contesté devant le Conseil d'État, comme en témoigne l'annulation récente de l'interdiction des Soulèvements de la Terre. Cette procédure, si elle envoie un signal politique clair, ne suffit pas à éradiquer la violence politique, notamment lorsque des partis légalistes continuent d'entretenir des liens avec ces groupes.
Les complicités politiques : un obstacle majeur
Le Rassemblement National, par exemple, a récemment intégré Vincent Claudin, issu d'un groupe néo-nazi, comme assistant parlementaire. De son côté, Jean-Luc Mélenchon apporte un soutien sans réserve à la Jeune Garde, dont plusieurs membres sont accusés d'homicide volontaire.
Ces individus violents savent qu'ils peuvent compter sur des relais politiques solides, ce qui limite l'efficacité des dissolutions administratives.
Un enjeu démocratique et sécuritaire
Face à cette situation, le gouvernement se trouve confronté à un dilemme : comment concilier la défense de la démocratie et la lutte contre les violences politiques sans tomber dans l'arbitraire ? La dissolution reste un outil nécessaire, mais insuffisant, tant que les réseaux de soutien et les idéologies sous-jacentes ne sont pas combattus de manière plus systémique.