Un drame qui relance le débat sur la violence politique
Six jours après le décès tragique de Quentin Deranque, militant d’extrême droite, les arrestations successives ont mis en lumière des liens troubles entre certains membres de La France insoumise (LFI) et des groupes antifascistes radicaux. Les interpellations, intervenues entre le 17 et le 18 février, concernent 11 personnes, dont plusieurs fichées « S » pour radicalisation politique.
La Jeune Garde, un groupe dissous mais toujours influent
Parmi les suspects figurent trois proches du député LFI Raphaël Arnault, fondateur de la Jeune Garde, un groupe dissous en juin 2025 pour ses méthodes violentes. Deux collaborateurs parlementaires et un ancien stagiaire de son équipe sont impliqués. Ces révélations soulèvent des questions sur les liens entre LFI et ce groupe, dont les membres ont été qualifiés de « jeunes camarades » par Jean-Luc Mélenchon lui-même en avril 2025.
Des ambiguïtés persistantes
La Jeune Garde, apparue en 2018, a toujours bénéficié d’une certaine bienveillance au sein de LFI. En février 2026, un communiqué du parti dénonçait encore la dissolution du groupe, jugée « attentatoire aux libertés fondamentales ». Pourtant, en décembre 2025, Raphaël Arnault avait été condamné définitivement pour « violences volontaires en réunion », sans que LFI ne réagisse officiellement.
Une réponse politique attendue
Face à ces révélations, Jean-Luc Mélenchon et ses proches n’ont pas rompu avec la Jeune Garde ni avec Raphaël Arnault, qui a simplement écarté un collaborateur mis en cause. Les responsables insoumis adoptent une posture défensive, évoquant les menaces de l’extrême droite ou la responsabilité de l’État dans la sécurité des rues.
Un contexte de tensions politiques
Si la violence des groupuscules identitaires et néofascistes ne doit pas être minimisée, cette affaire oblige LFI à clarifier sa position. Le 12 février, une rixe en marge d’une conférence de la députée européenne Rima Hassan a dégénéré, aboutissant au lynchage mortel de Quentin Deranque. Bien que LFI ne soit pas directement responsable, sa proximité avec des éléments violents interroge.
Un enjeu pour la gauche
Alors que la droite et l’extrême droite tentent d’instrumentaliser ce drame pour diaboliser une partie de la gauche, il est crucial que LFI rompe clairement avec les groupes violents. La mort de Quentin Deranque doit servir de catalyseur pour une réflexion plus large sur la violence politique en France, dans un contexte marqué par la montée des tensions sociales et idéologiques.