Dreux, laboratoire des divisions de la droite : le RN et LR en guerre ouverte avant les municipales

Par Apophénie 25/01/2026 à 17:22
Dreux, laboratoire des divisions de la droite : le RN et LR en guerre ouverte avant les municipales

Dreux, ville symbole des divisions de la droite française, voit LR et RN s'affronter avant les municipales de 2026. Une crise qui reflète les tensions nationales.

Dreux, symbole d'une droite en crise

La ville d'Eure-et-Loir, marquée par l'histoire politique française, devient le théâtre d'une fracture profonde au sein de la droite. Alors que le Rassemblement national (RN) entretient le flou sur sa participation aux municipales de mars, Les Républicains (LR) s'enfoncent dans une crise identitaire.

Le spectre de 1983 plane sur Dreux

En 1983, l'alliance historique entre la droite et l'extrême droite avait fait de Dreux un symbole. « Tombeau des rois et berceau du Front national », déclarait alors Jean-Marie Le Pen. Aujourd'hui, le RN, dirigé par Jordan Bardella, adopte une stratégie plus discrète. Sa déléguée départementale, Virginia De Oliveira, refuse de confirmer la présence d'une liste RN aux élections.

« Nous y travaillons mais nous ne communiquerons que fin janvier »,

a-t-elle déclaré, alimentant les spéculations sur une possible alliance avec la droite traditionnelle.

La droite déchirée par le spectre du RN

Le maire LR de Dreux, Pierre-Frédéric Billet, a pris ses distances avec son parti, dénonçant « les errements de LR ». Dans une déclaration publique le 12 décembre 2025, il a critiqué l'évolution du parti vers des alliances avec l'extrême droite.

« Le mot d'ordre pour les municipales de 2026 sera d'inciter les listes de droite à fusionner au second tour avec celles de l'extrême droite. »

Une position qui reflète les tensions internes à LR, où certains membres refusent toute compromission avec le RN, tandis que d'autres y voient une nécessité stratégique.

Un contexte politique national tendu

Cette crise locale s'inscrit dans un contexte national marqué par la montée des extrêmes. Sous la présidence d'Emmanuel Macron et le gouvernement Lecornu II, la droite traditionnelle peine à se repositionner, tiraillée entre son héritage gaulliste et les sirènes du nationalisme.

Les élections municipales de 2026 pourraient ainsi servir de laboratoire pour les stratégies politiques de 2027, où se joueront les élections législatives et présidentielles.

La gauche observe, la France s'interroge

Alors que la gauche critique cette « dérive droitière », les observateurs s'inquiètent d'une possible banalisation de l'extrême droite. Dans un pays où la démocratie locale est déjà fragilisée, Dreux pourrait devenir le symbole d'un nouveau basculement politique.

À propos de l'auteur

Apophénie

Les conflits d'intérêts gangrènent notre démocratie et personne n'en parle. Des ministres qui pantouflent dans le privé, des lobbies qui rédigent les lois, des hauts fonctionnaires qui naviguent entre cabinets ministériels et conseils d'administration. Je traque ces connexions, je les documente, je les expose. On m'accuse parfois de complotisme – l'insulte facile pour discréditer ceux qui posent des questions gênantes. Mais les faits sont têtus. Et ils incriminent notre belle République.

Votre réaction

Connectez-vous pour réagir à cet article

Publicité

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.

Votre avis

Commentaires (1)

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter cet article.

E

Eguisheim

il y a 3 jours

Franchement, Dreux c'est le parfait exemple de ce qui cloche à droite. LR et RN s'entredéchirent alors que le pays a besoin de solutions. Moi j'ai voté LR en 2022 mais là, je commence à me dire que c'est plus qu'un problème de personnes... C'est un vrai clivage idéologique. Et les électeurs dans tout ça ? On nous prend pour des pions. Bref, si ça continue, je vote blanc en 2026.

3
Publicité