Un retrait d'investiture qui révèle les tensions au sein du Rassemblement national
À deux semaines du premier tour des élections municipales, prévu le 15 mars, le Rassemblement national (RN) a retiré son investiture à Adrien Nave, tête de liste à Dunkerque. Cette décision, annoncée dimanche, intervient après la découverte d'un membre de l'Action française sur sa liste électorale.
Une « dissimulation délibérée » selon le RN
Dans un communiqué, le parti d'extrême droite dénonce une violation des conditions d'investiture. Sébastien Chenu, vice-président du RN, accuse Adrien Nave d'avoir délibérément dissimulé la présence d'Antoine La Scola, porte-parole de l'Action française, un mouvement royaliste d'ultradroite. « Les documents transmis au mouvement et la composition réelle de la liste révèlent une dissimulation délibérée », affirme-t-il.
Un candidat sous le feu des critiques
Antoine La Scola, connu sous le pseudonyme Antoine Grosjean sur les réseaux sociaux, figure en septième position sur la liste de Dunkerque. Le RN, qui se présente comme un parti moderne et apte à gouverner, semble embarrassé par cette alliance avec un mouvement aux valeurs radicales, éloignées de sa ligne officielle.
Le parti a également révélé que Maxence Accart, délégué départemental adjoint du RN dans les Flandres, avait été retiré de la liste finale déposée en sous-préfecture. « Une telle trahison ne saurait rester sans conséquences », a déclaré Sébastien Chenu, annonçant une possible exclusion d'Adrien Nave.
Des précédents qui interrogent
Cette affaire rappelle le retrait de l'investiture du RN à Carpentras en février, après la révélation d'anciens tweets racistes et sexistes de son candidat. Ces incidents soulèvent des questions sur la capacité du RN à contrôler ses candidats et à imposer une ligne cohérente.
Contacté par l'AFP, Adrien Nave, conseiller régional des Hauts-de-France, n'était pas joignable dans l'immédiat. Son silence laisse planer le doute sur les véritables motivations de cette alliance controversée.
Un contexte politique tendu
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de stabiliser les institutions face à une crise des vocations politiques, ces dérapages au sein du RN alimentent les critiques sur l'extrême droite. Dans un pays où la démocratie locale est fragilisée, ces affaires risquent d'affaiblir encore davantage la confiance des citoyens.
La gauche, quant à elle, saisit l'occasion pour dénoncer les dérives autoritaires et les contradictions internes du RN, un parti qui se veut désormais « républicain » mais peine à se départir de ses franges les plus radicales.