Une extrême droite radicale en pleine mutation
La manifestation du 21 février en hommage à Quentin Deranque n’est pas qu’un simple rassemblement émotionnel. Elle symbolise une convergence inédite des mouvements d’extrême droite radicale, phénomène qui s’amplifie depuis plusieurs années sous la présidence d’Emmanuel Macron.
Des décennies de divisions enfin surmontées
Historiquement, l’extrême droite française était fragmentée en chapelles rivales, chacune avec ses codes, ses stratégies et ses priorités. Les divergences étaient nombreuses : rapports à la violence, participation électorale, positionnement géopolitique, notamment sur le conflit israélo-palestinien. Cette fragmentation remontait même à l’époque de Vichy, où coexistaient des dizaines de groupes sans unité.
Pourtant, depuis quelques années, une convergence silencieuse se dessine. En 2023, des militants d’horizons divers se sont retrouvés sur la chaîne Telegram FRDeter, prêts à mettre de côté leurs désaccords. Des rassemblements violents, comme ceux de Saint-Brevin-les-Pins contre un centre d’accueil pour demandeurs d’asile, ont montré cette nouvelle solidarité. La manifestation annuelle en hommage à Sébastien Deyzieu, organisée par le Comité du 9 mai, a pris une ampleur inédite, rassemblant plus de militants que jamais.
Un national-syncrétisme dangereux
Cette convergence s’inscrit dans un national-syncrétisme, où les différences idéologiques s’estompent au profit d’un discours commun. Les chercheurs Marion Jacquet-Vaillant et Nicolas Lebourg soulignent que cette unification n’est pas anodine : elle renforce la capacité de mobilisation et la dangerosité de ces mouvements.
Dans un contexte de crise des services publics et de crise de la sécurité en France, cette radicalisation pose un défi majeur au gouvernement Lecornu II. Alors que l’extrême droite radicale gagne en influence, les questions de démocratie et de cohésion sociale deviennent plus pressantes que jamais.