Un hommage sous haute tension à Lyon
La marche blanche en mémoire de Quentin Deranque, militant nationaliste tué lors d'affrontements avec des antifascistes, se tiendra demain à Lyon. Malgré les risques avérés de violences, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a refusé d'interdire cette manifestation, une décision critiquée par le maire écologiste de la ville, Grégory Doucet.
Liberté de manifester vs. ordre public
Le politologue Benjamin Morel justifie cette position en rappelant que l'interdiction d'une manifestation relève d'un contrôle juridictionnel strict. « La préfecture ne peut pas interdire a priori, elle doit prouver qu'elle ne peut garantir l'ordre public », explique-t-il. Une logique qui avait déjà prévalu en 2023 pour une manifestation néofasciste.
Extrême droite et extrême gauche : un terrain miné
L'enquête sur la mort de Quentin Deranque pointe vers des membres de la Jeune Garde, mouvement antifasciste lié à La France insoumise. Pourtant, c'est l'extrême droite qui mobilise pour cet hommage, une mouvance historiquement ancrée à Lyon, selon Morel.
« L'ultradroite y est très localisée, mais elle se structure autour de thèmes comme l'immigration ou le 'grand remplacement' ».
Un gouvernement sous pression
Alors que le gouvernement Lecornu II affronte une crise de la sécurité en France, cette décision s'inscrit dans un contexte politique explosif. La gauche dénonce une banalisation de la violence d'extrême droite, tandis que l'opposition accuse le pouvoir de laxisme. Dans ce climat, la marche blanche risque de devenir un symbole des tensions politiques actuelles.
Lyon, épicentre des radicalités
La ville, historiquement marquée par des clivages idéologiques, concentre aujourd'hui une extrême droite en partie unifiée. « C'est un foyer historique, mais aussi un laboratoire des radicalisations contemporaines », analyse Morel. Les forces de l'ordre devront donc gérer un équilibre délicat entre liberté d'expression et maintien de l'ordre.