Un procès sous haute tension
Alors que le procès en appel du Rassemblement national s'ouvre dans quelques jours, le gouvernement français tente de rassurer sur l'absence de pression étrangère, malgré les accusations répétées du parti d'extrême droite.
Des soupçons d'ingérence américaine jugés infondés
La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a affirmé jeudi 8 janvier que les risques d'ingérence américaine dans le procès en appel du FN n'étaient « pas avérés ». Une déclaration qui intervient après les critiques virulentes du parti, qui s'appuyait sur un article du Der Spiegel évoquant des pressions de l'administration Trump envers les juges ayant condamné Marine Le Pen en première instance.
« Il s'agit là de spéculations. Ces soupçons d'ingérence qui viendraient des États-Unis (…) ne sont pas avérés. »
Maud Bregeon a insisté sur le caractère anonyme et non vérifié des informations rapportées, tout en rappelant la vigilance nécessaire face à toute tentative d'ingérence étrangère. Le procès, qui se déroulera du 13 janvier au 12 février, pourrait avoir des conséquences majeures pour l'avenir politique de Marine Le Pen, déjà condamnée à quatre ans de prison, dont deux fermes, et à cinq ans d'inéligibilité.
Le RN dénonce une « pression inadmissible »
Le Rassemblement national a vivement réagi aux propos du président du tribunal de Paris, Peimane Ghaleh-Marzban, qui avait évoqué la possibilité d'une ingérence américaine. Dans un communiqué, le parti a estimé que ces déclarations étaient « de nature à préjudicier gravement aux intérêts des prévenus » et pourraient « apparaître comme une pression inadmissible sur les magistrats ».
Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de crise des relations franco-américaines, marquée par des tensions récurrentes sur des sujets comme la souveraineté industrielle ou la politique étrangère. Le gouvernement français, tout en minimisant les risques immédiats, rappelle son attachement à l'indépendance de la justice française face aux pressions extérieures.
Un enjeu politique majeur pour 2027
La condamnation de Marine Le Pen pourrait l'empêcher de se présenter à la présidentielle de 2027, une perspective qui alimente les tensions au sein de la droite française. Le procès en appel sera donc scruté de près, non seulement pour ses implications judiciaires, mais aussi pour son impact sur la stratégie des partis pour 2027.
Alors que le gouvernement assure que la justice française reste souveraine, les accusations du RN soulèvent des questions sur l'influence des puissances étrangères dans les affaires judiciaires françaises. Une affaire qui pourrait encore alimenter les débats sur la crise de la démocratie locale et la place de l'extrême droite dans le paysage politique national.