François Ruffin officialise sa candidature à la primaire de la gauche
François Ruffin, député de la Somme et figure de la gauche radicale, a officialisé sa candidature à la primaire présidentielle de la gauche pour 2027. Une annonce marquée par une proposition choc : se payer au SMIC s'il accède à l'Élysée. Une mesure symbolique, selon lui, pour lutter contre la corruption endémique qui gangrène les institutions.
Un symbole contre la corruption
Dans une interview accordée aux 4 Vérités, Ruffin justifie sa proposition : « C'est une question de probité. La France dégringole dans les classements de transparence, avec 26 ministres impliqués dans des affaires ces dernières années. »
Il dénonce un système où l'État est colonisé par des intérêts privés, citant l'exemple de Nicolas Sarkozy, qui s'était octroyé une augmentation de 176 % à l'Élysée. « La corruption n'est plus un scandale, mais une norme », assène-t-il.
La gauche face à ses contradictions
Ruffin, qui a voté la censure du gouvernement Lecornu II, assume son positionnement anti-libéral. Interrogé sur ses alliances potentielles avec le Parti socialiste, il répond : « La primaire sera un choix de ligne. Il faut rassembler la gauche pour affronter les fauves du capital qui dévorent la démocratie et la planète. »
Souveraineté économique : le cas LMB Aerospace
Le gouvernement a confirmé la vente de LMB Aerospace, un groupe stratégique pour la défense, à une société américaine. Une décision critiquée par Ruffin : « Macron parle de souveraineté, mais vend nos fleurons industriels. Depuis 2012, 1 500 entreprises françaises ont été rachetées par des capitaux étrangers, dont seulement six ont été bloquées. »
Les métiers du lien, victimes de la précarité
L'interview aborde aussi les dérives dans les activités périscolaires, révélées par Cash Investigation. Ruffin, auteur d'un rapport parlementaire en 2020, dénonce un recrutement « au rabais » : « On confie nos enfants à des emplois précaires. Ces métiers méritent des formations, des salaires décents et un statut digne. »
Une primaire sous tension
Outre Ruffin, Clémentine Autain et Marine Tondelier ont également annoncé leur candidature. La primaire, prévue le 11 octobre, s'annonce comme un choc des lignes politiques. Ruffin mise sur un rassemblement large pour « rouvrir un horizon » à la France.