Fraude sociale et fiscale : la droite cible les plus vulnérables, la gauche s'insurge

Par Decrescendo 26/02/2026 à 03:22
Fraude sociale et fiscale : la droite cible les plus vulnérables, la gauche s'insurge

Fraude sociale et fiscale : la droite cible les plus vulnérables, la gauche s'insurge. Un projet de loi controversé sous les feux de l'Assemblée nationale.

Un projet de loi controversé sous les feux de l'Assemblée

Mercredi 25 février, l'Assemblée nationale a entamé l'examen du projet de loi contre les fraudes sociales et fiscales, un texte vivement critiqué par la gauche pour son focalisation disproportionnée sur la fraude sociale. Un millier d'amendements sont en discussion, mais l'urgence des élections municipales pourrait compromettre son adoption avant la pause parlementaire.

Une motion de rejet repoussée de justesse

La France insoumise (LFI) a déposé une motion de rejet, soutenue par tous les groupes de gauche, mais celle-ci a été repoussée de peu par 69 voix contre 62. Un vote serré qui reflète les tensions autour d'un texte perçu comme idéologiquement biaisé.

Des moyens renforcés, mais une asymétrie criante

Le gouvernement espère récupérer 2 milliards d'euros grâce à ce texte, qui prévoit des nouveaux outils de détection, des sanctions accrues et un partage d'informations amélioré. Pourtant, les critiques fusent : plus des deux tiers des articles concernent la fraude sociale, alors que la fraude fiscale, estimée entre 80 et 100 milliards d'euros, est largement ignorée.

La droite et l'extrême droite en première ligne

Le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, a défendu le texte en affirmant que la moitié de la fraude sociale provenait d'entreprises peu scrupuleuses. Une déclaration qui n'a pas convaincu la gauche, pour qui ce projet de loi est un leurre destiné à stigmatiser les plus modestes.

Des mesures controversées

Parmi les dispositions les plus polémiques : la suspension des allocations chômage en cas de suspicion de fraude, qualifiée de « condamnation à mort financière » par Louis Boyard (LFI). Le gouvernement a toutefois accepté des amendements pour maintenir un reste à vivre pendant la suspension.

Autre point de friction : l'accès aux données des compagnies aériennes par France Travail, supprimé en commission mais que certains députés LR tentent de rétablir. Un exemple des dérives sécuritaires dénoncées par les oppositions.

La gauche dénonce un « texte d'affichage »

Christine Arrighi (écologiste) et Sandrine Runel (socialiste) ont souligné l'asymétrie profonde du texte, qui néglige la fraude fiscale au profit de mesures ciblant les bénéficiaires de prestations sociales. « Un texte qui sert avant tout à diviser plutôt qu'à lutter efficacement contre les fraudes », résume une source parlementaire.

Un vote solennel prévu le 31 mars

Malgré les critiques, le gouvernement compte sur une adoption rapide. Mais avec plus d'un millier d'amendements et des divisions persistantes, l'issue reste incertaine. Un enjeu majeur pour le gouvernement Lecornu II, déjà fragilisé par les tensions internes.

À propos de l'auteur

Decrescendo

J'ai couvert les manifestations contre la réforme des retraites, les Gilets jaunes, les soignants en colère. J'ai vu des CRS charger des infirmières. J'ai vu des préfets interdire des manifestations au mépris du droit. J'ai vu des ministres mentir effrontément à la télévision. Cette violence institutionnelle, je la dénonce sans relâche. On me traite parfois d'extrémiste parce que je rappelle simplement ce que dit la Constitution. Tant pis. Je préfère être un démocrate radical qu'un complice.

Votre réaction

Connectez-vous pour réagir à cet article

Publicité

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.

Votre avis

Commentaires (14)

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter cet article.

T

Tirésias

il y a 2 semaines

Moi j'ai connu ça en 2003. Résultat : plus de contrôles, moins de fraude... et plus de gens dans la rue. Encore...

0
E

Erdeven

il y a 2 semaines

Sa me saoule trop ce genre de loi... Genre on va contrôler les plus pauvres et les riches ils font ce qu'ils veulent...

0
S

Spirale

il y a 2 semaines

On dirait un remake des années 90. La droite tape sur les assistés, la gauche défend les droits sociaux. Et les vrais fraudeurs, on en parle ?

0
R

Reminiscence

il y a 2 semaines

La droite veut sauver les caisses en tapant sur les pauvres. Comme d'hab. #ironie

0
C

Corollaire

il y a 2 semaines

Dans 5 ans, on nous ressortira le même projet en disant qu'il a 'échoué' parce que 'les gens ne jouent pas le jeu'. Bon...

0
C

Corte

il y a 2 semaines

Qui contrôle les contrôleurs ?

0
S

StoneAge24

il y a 2 semaines

La droite joue sur les peurs et les clivages. La gauche, elle, défend les plus fragiles. Le rapport de force est clair, mais le gouvernement semble s'en moquer.

0
V

Véronique de Poitou

il y a 2 semaines

Nooooon mais sérieux ??? Ils nous prennent pour des pigeons ou quoi ??? Fraude fiscale = 0 contrôle, fraude sociale = contrôle à outrance...

0
D

dissident-courtois

il y a 2 semaines

La droite veut sauver les caisses en tapant sur les pauvres. Comme d'hab. #ironie

0
R

Résonance

il y a 2 semaines

@dissident-courtois ptdr t'as tout dit !!! Franchement, ça me dégoûte...

0
P

Prisme

il y a 2 semaines

La droite invoque la lutte contre la fraude sociale, mais les chiffres montrent que la fraude fiscale des plus aisés est bien plus élevée. Pourquoi cibler systématiquement les plus vulnérables ?

0
A

arthur53

il y a 2 semaines

@prisme Exactement ! Moi j'ai vu des gens se faire contrôler 3 fois en un an pour des RSA alors que mon patron a jamais payé ses impôts...

0
G

GhostWriter

il y a 2 semaines

@maiwenn-caen Sauf que les fraudeurs sociaux sont ceux qui ont le moins de moyens pour se défendre. Les autres ont des avocats.

0
M

Maïwenn Caen

il y a 2 semaines

@arthur53 Mais si on contrôle plus, ça dissuadera les fraudeurs non ?

0
Publicité