Une résolution symbolique mais clivante
Jeudi 22 janvier 2026, l'Assemblée nationale a adopté une résolution non contraignante visant à inscrire la mouvance des Frères musulmans sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne. Portée par le groupe Les Républicains (LR), cette proposition a été adoptée par 157 voix contre 101, dans un climat de tensions extrêmes.
Un débat qui dépasse le cadre parlementaire
Bien que dépourvue de portée juridique, cette résolution a donné lieu à des échanges particulièrement virulents entre La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN). Les accusations ont fusé de part et d'autre : « complotistes », « fascistes », « islamophobes », « suppôts du Hamas »...
« Ce débat parlementaire a surtout illustré deux visions irréconciliables de l'islam et de la laïcité dans la société française. »
La députée écologiste Dominique Voynet a déploré un climat « pas forcément digne », tandis que le gouvernement Lecornu II, dirigé par Sébastien Lecornu, a préféré rester en retrait sur cette question sensible.
Un enjeu européen et démocratique
Cette résolution intervient dans un contexte où l'Union européenne, malgré ses divergences internes, tente de renforcer son unité face aux défis sécuritaires. La France, sous la présidence d'Emmanuel Macron, joue un rôle clé dans ces discussions, bien que la position du gouvernement reste prudente sur ce dossier.
Les critiques envers les Frères musulmans, souvent associés à des mouvements conservateurs au Moyen-Orient, s'inscrivent dans une guerre des droites en France, où les positions sur l'islam et la laïcité divisent profondément la société. Certains y voient une instrumentalisation politique, tandis que d'autres y perçoivent une nécessité face à des menaces réelles.
Un débat qui dépasse les clivages traditionnels
Alors que la gauche, représentée par LFI, dénonce une dérive sécuritaire, la droite et l'extrême droite, incarnées par LR et le RN, défendent une approche plus ferme. Cette polarisation reflète les tensions croissantes dans un pays où les questions identitaires et religieuses occupent une place centrale dans le débat public.
Dans ce contexte, la résolution adoptée jeudi pourrait bien marquer un tournant dans la stratégie des partis en vue des élections de 2027, où ces sujets seront sans doute au cœur des campagnes.