Guadeloupe : le carnaval de Pointe-à-Pitre sous tension, entre sécurité et contestation politique

Par Anadiplose 09/01/2026 à 13:15
Guadeloupe : le carnaval de Pointe-à-Pitre sous tension, entre sécurité et contestation politique

Guadeloupe : le carnaval de Pointe-à-Pitre sous tension après un meurtre. Sécurité, jeunesse et fracture territoriale au cœur du débat politique.

Un carnaval sous haute surveillance

La Guadeloupe, archipel français des Antilles, est plongée dans une crise sécuritaire qui menace de gâcher l'une de ses traditions les plus vibrantes : le carnaval de Pointe-à-Pitre. Après le meurtre d'un jeune homme de 18 ans, abattu de plusieurs balles en pleine rue le 4 janvier, les autorités ont dû revoir leur copie. Le préfet Thierry Devimeux a annoncé, jeudi 8 janvier, le report des festivités de 20 heures à 15 heures, invoquant des « difficultés accrues de gestion de la sécurité la nuit ».

Un débat politique enflamme l'archipel

La décision de modifier les horaires du carnaval, plutôt que de l'annuler purement et simplement, a suscité des réactions contrastées. Certains y voient une concession face à la pression des groupes locaux, tandis que d'autres dénoncent un manque de fermeté. « On avance le carnaval pour montrer que la Guadeloupe n'accepte plus cette violence », a déclaré le préfet, une déclaration perçue par certains comme une tentative de calmer les tensions sans vraiment résoudre le problème.

Une violence récurrente pendant les festivités

Ce drame n'est pas un cas isolé. En 2025, un adolescent de 16 ans avait été poignardé lors d'une soirée carnavalesque, succombant à ses blessures. Ces événements interrogent sur la capacité des pouvoirs publics à protéger les citoyens pendant les périodes festives. « La nuit, les risques sont plus élevés, mais est-ce une raison pour sacrifier la culture locale ? » s'interroge un habitant de Pointe-à-Pitre.

Un enjeu de sécurité nationale

Alors que le gouvernement Lecornu II tente de rassurer sur sa gestion de la crise de la sécurité en France, cette affaire met en lumière les défis spécifiques des territoires ultramarins. Les DOM-TOM, souvent en première ligne face aux violences urbaines, réclament des moyens supplémentaires et une politique adaptée.

« La Guadeloupe ne peut pas être traitée comme une région métropolitaine. Nos réalités sont différentes, et nos solutions doivent l'être aussi. »

La jeunesse guadeloupéenne, première victime

Les jeunes sont les principales victimes de cette violence. Entre 2020 et 2026, les homicides impliquant des mineurs ont augmenté de 30 % dans l'archipel, selon des chiffres officiels. Face à cette crise de la jeunesse et régulation numérique, les associations locales réclament des programmes éducatifs et des espaces de médiation pour éviter l'escalade.

Un symbole de la fracture territoriale

Cette affaire illustre aussi les tensions entre Paris et les territoires ultramarins. « Pourquoi la Guadeloupe doit-elle toujours subir des décisions prises sans concertation ? » dénonce un élu local. La question de l'autonomie des DOM-TOM, souvent évoquée, refait surface dans ce contexte. Certains y voient même un argument en faveur d'une plus grande décentralisation, voire d'une réforme constitutionnelle.

L'Europe en soutien aux Outre-mer

L'Union européenne, souvent critiquée pour son manque d'attention envers les territoires ultramarins, a récemment annoncé un plan de 500 millions d'euros pour renforcer la sécurité et les infrastructures dans les DOM-TOM. Une initiative saluée par les élus locaux, mais jugée insuffisante par les associations.

À propos de l'auteur

Anadiplose

J'en ai assez du journalisme tiède qui ménage la chèvre et le chou. Pendant des années, j'ai regardé mes confrères s'autocensurer par peur de déplaire aux annonceurs ou aux politiques. J'ai décidé d'écrire ce que je pense vraiment, sans filtre. La concentration des médias aux mains de quelques milliardaires me révolte. La précarisation de ma profession me met en colère. Mais c'est précisément cette colère qui me pousse à continuer. Chaque article est un acte de résistance contre la pensée unique

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Commentaires (8)

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T

tregastel

il y a 1 jour

Le carnaval sous tension... En même temps, quand t'as un gouvernement qui fait genre 'on vous aime' mais qui ne fait rien, c'est normal.

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Hugo83

il y a 1 jour

J'ai vécu là-bas, c'est vrai que la situation est explosive. Mais faut arrêter de tout mettre sur le dos des jeunes, c'est plus nuancé que ça...

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Isabelle du 61

il y a 1 jour

Bon... Encore un article qui parle de 'fracture territoriale' comme si c'était une surprise. On en parle depuis 20 ans, et après ?

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corte

il y a 1 jour

Ptdr les gens qui disent que c'est la faute des jeunes... Franchement, c'est plus compliqué que ça !!!

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Lucie-43

il y a 1 jour

La Guadeloupe crève sous les promesses non tenues. Basta.

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Yvon du 39

il y a 1 jour

@datadriven Les moyens ne suffisent pas, faut aussi une vraie volonté politique. Regardez la Martinique, ils ont réussi à calmer les tensions...

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datadriven

il y a 1 jour

Encore un drame qui montre l'échec des politiques de sécurité en Outre-mer. @lucie-43, tu dis que c'est compliqué, mais c'est surtout un manque de moyens !

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Résonance

il y a 1 jour

Nooooon mais sérieux ??? Le carnaval c'est la fête, pas un terrain de guerre !!! La Guadeloupe mérite mieux que ça...

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