Un déplacement symbolique dans un contexte tendu
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez se rendra en Algérie les 16 et 17 février, marquant une tentative de normalisation des relations entre Paris et Alger, profondément altérées depuis des mois. Cette visite intervient après une série de crises diplomatiques et sécuritaires, dans un contexte où la coopération bilatérale est au plus bas.
Un agenda chargé et des enjeux majeurs
Les discussions porteront sur plusieurs dossiers épineux, notamment la question des Obligations de Quitter le Territoire Français (OQTF) concernant les Algériens en situation irrégulière. La lutte contre le terrorisme et le narcotrafic sera également au cœur des échanges, tout comme le cas du journaliste Christophe Gleizes, arrêté en mai 2024 alors qu'il enquêtait sur la JS Kabylie.
Un contexte de tensions persistantes
Les relations franco-algériennes se sont dégradées depuis l'été 2024, notamment après la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, un territoire disputé par l'Algérie. D'autres incidents ont envenimé les relations, comme l'enlèvement d'un influenceur algérien opposant en avril 2024 ou l'expulsion de douze agents de l'ambassade française à Alger en avril 2025.
Un geste politique dans un climat de défiance
Cette visite intervient alors que le gouvernement français, dirigé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, tente de rétablir un dialogue constructif avec Alger. Pourtant, les tensions restent vives, notamment autour de la libération de l'écrivain Boualem Sansal, incarcéré pendant près d'un an pour ses prises de position critiques envers le régime algérien.
Un enjeu sécuritaire et migratoire
La coopération sécuritaire, suspendue depuis des mois, a repris timidement, signe d'une possible amélioration. Cependant, les défis restent nombreux, notamment en matière de lutte contre le terrorisme et le narcotrafic, deux fléaux qui menacent la stabilité des deux pays.
Un espoir de normalisation ?
Si cette visite est un premier pas, elle ne suffira pas à effacer des années de tensions. La France, engagée dans une politique étrangère pro-européenne et soucieuse de ses alliances internationales, doit naviguer avec prudence dans ce dossier sensible. Le gouvernement espère que ce geste ouvrira la voie à une coopération renforcée, mais les défis restent immenses.