Une année marquée par les contradictions
Le ministère de l'Intérieur a dévoilé mardi 27 janvier 2026 ses premières données provisoires sur l'immigration en 2025, révélant une année de contradictions politiques. Si la France a accordé 384 000 premiers titres de séjour (+11,2%), cette hausse masque des réalités divergentes : explosion des motifs humanitaires (+65%) et effondrement des titres économiques (-12,6%).
L'asile, première victime des politiques sécuritaires
Les demandes d'asile ont chuté de 10,1% en 2025, mais le taux d'acceptation a progressé à 52,1%. Une amélioration qui ne doit rien à la générosité du gouvernement Lecornu, mais plutôt à la baisse des demandes ukrainiennes (-30%). Les ressortissants afghans et syriens, pourtant en première ligne des persécutions, voient leurs demandes traitées avec une sévérité croissante.
Expulsions : la machine à broyer s'emballe
Les éloignements forcés ont bondi de 15,7%, avec une hausse spectaculaire des expulsions (+21%).
Une politique brutale qui semble répondre aux pressions de l'extrême droite, alors que le gouvernement tente de se présenter comme ferme mais humain.Les associations dénoncent des procédures expéditives qui violent les droits fondamentaux.
Naturalisations : le durcissement paye
La circulaire Retailleau de mai 2025 a produit ses effets : -6,8% de naturalisations, avec une chute vertigineuse des naturalisations par décret (-13,5%). Un recul qui touche particulièrement les travailleurs étrangers qualifiés, pourtant indispensables à l'économie française.
Le paradoxe des chiffres
Alors que 4,47 millions de titres de séjour étaient valides fin 2025 (+3,2%), les refus de visas ont augmenté de 6,3%. Un signal clair : la France se ferme progressivement, malgré les besoins criants en main-d'œuvre dans les secteurs clés.
Les pays du Maghreb toujours en première ligne
Les ressortissants marocains, algériens et tunisiens restent les premiers bénéficiaires de titres de séjour, mais leurs demandes reculent légèrement. Un phénomène qui pourrait s'expliquer par les difficultés accrues d'obtention, notamment pour les regroupements familiaux.