Une proposition controversée à l'Assemblée nationale
Ce lundi 16 février 2026, l'Assemblée nationale examine une proposition de loi visant à autoriser l'utilisation de l'intelligence artificielle pour lutter contre les vols dans les commerces. Portée par le député Paul Midy (Ensemble pour la République), cette mesure suscite un vif débat entre partisans du progrès technologique et défenseurs des libertés individuelles.
Un outil pour les commerçants, une menace pour les citoyens ?
Selon les promoteurs du texte, cette technologie permettrait de réduire les vols de 20 à 50 %, un fléau qui touche plus de 80 % des commerçants en France. "C'est un progrès pour les supermarchés, pour la surveillance", estime une passante interrogée. Pourtant, l'idée d'une surveillance algorithmique inquiète une partie de la population.
"Moi, je trouve que c'est très intrusif, très dangereux. Qu'est-ce qu'un comportement suspect ?"
La question des données personnelles est au cœur des critiques. La CNIL avait déjà imposé des règles strictes lors des Jeux Olympiques de Paris, interdisant notamment la reconnaissance faciale et limitant l'usage de l'IA à des zones spécifiques. Nathalie Devillier, experte en éthique de l'IA à l'Unesco, rappelle que "les données ne doivent pas être réemployées pour du marketing ou du profilage".
Un débat qui dépasse le cadre commercial
Cette proposition s'inscrit dans un contexte plus large de crise de la sécurité en France, où le gouvernement de Sébastien Lecornu multiplie les mesures répressives. Pour la gauche, cette nouvelle technologie risque d'aggraver la surveillance de masse, une tendance déjà dénoncée par les associations de défense des libertés. "Faut-il craindre pour nos libertés ?", s'interroge un collectif de commerçants opposés au projet.
Du côté des partisans, on souligne que cette mesure pourrait soutenir les commerçants, souvent en difficulté face à la hausse des vols. "Ça coûte cher, donc il faut les aider", argue Paul Midy. Mais pour les opposants, le risque d'une dérive sécuritaire est réel, dans un pays où les libertés individuelles sont déjà mises à mal par les politiques répressives.
Un enjeu européen
Cette proposition intervient alors que l'Union européenne débat de l'encadrement de l'IA. La France, souvent en pointe sur les questions de protection des données, pourrait-elle devenir un laboratoire de la surveillance algorithmique ? Les associations craignent que cette technologie ne soit qu'une première étape vers un contrôle accru des citoyens.
Alors que le gouvernement français multiplie les annonces sécuritaires, cette proposition pourrait bien devenir un symbole de la dérive autoritaire de la droite au pouvoir. Entre progrès technologique et respect des libertés, le débat est loin d'être clos.