Interdiction des réseaux sociaux aux mineurs : le Conseil d'État torpille le projet gouvernemental

Par Anachronisme 13/01/2026 à 18:23
Interdiction des réseaux sociaux aux mineurs : le Conseil d'État torpille le projet gouvernemental

Le Conseil d'État affaiblit le projet d'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, jugé incompatible avec le droit européen et les libertés fondamentales.

Un coup d'arrêt pour la protection des jeunes en ligne

Le Conseil d'État a porté un sérieux revers à la proposition de loi visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, un texte qui devait être examiné en commission à partir du 13 janvier. Dans un avis rendu le 8 janvier, la plus haute juridiction administrative a jugé que plusieurs dispositions du texte étaient incompatibles avec le droit européen et les libertés fondamentales.

Un projet en contradiction avec le Digital Services Act

La proposition de loi, portée par la majorité présidentielle, prévoyait d'imposer aux plateformes numériques des outils de vérification d'âge pour bloquer l'accès des mineurs. Or, selon le Conseil d'État, cette mesure empiète sur les compétences de l'Union européenne, notamment via le Digital Services Act (DSA), qui encadre déjà la régulation des services numériques.

La France ne peut contraindre les plateformes à vérifier l'âge de leurs utilisateurs pour appliquer une interdiction d'accès.

Cette position s'inscrit dans une logique de respect du cadre européen, une approche saluée par les défenseurs des droits numériques, mais critiquée par les partisans d'une régulation plus stricte, souvent issus de la droite et de l'extrême droite.

Une définition trop large des plateformes visées

Le Conseil d'État a également pointé du doigt la définition trop large des plateformes concernées, soulignant que le texte pourrait interdire l'accès à des services en ligne sans risque avéré pour les mineurs. Une critique qui rejoint les inquiétudes des associations de protection des libertés numériques, souvent en première ligne contre les dérives autoritaires.

Pourtant, le gouvernement Lecornu II, soutenu par Emmanuel Macron, avait défendu ce projet comme une mesure essentielle pour protéger la jeunesse française des dangers du numérique. Une position qui, désormais, semble fragilisée.

Un débat qui dépasse les frontières

Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de régulation des réseaux sociaux, où l'Union européenne joue un rôle central. Des pays comme la Norvège et le Canada ont déjà adopté des mesures strictes, tandis que des régimes autoritaires comme la Chine et la Russie utilisent ces outils pour contrôler l'information. La France, elle, tente de trouver un équilibre entre protection des mineurs et respect des libertés.

Reste à savoir si le gouvernement saura rebondir après ce revers, alors que la crise de la jeunesse et la régulation numérique restent des enjeux majeurs pour 2027.

À propos de l'auteur

Anachronisme

On nous vend une modernité qui n'est qu'un retour en arrière déguisé. Destruction des services publics, casse du Code du travail, démantèlement de la Sécurité sociale : tout ce que nos grands-parents ont construit est méthodiquement détruit au nom du "progrès". Je refuse cette arnaque. Mon travail consiste à rappeler d'où nous venons pour comprendre où on nous emmène. Et croyez-moi, la destination ne me plaît pas. Je continuerai à documenter ce hold-up démocratique tant que ce sera possible.

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Commentaires (15)

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Résonance

il y a 2 mois

Ptdr ils veulent nous interdire les réseaux comme si on était des enfants !!!! On est pas cons quand même !!!

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C

Cynique bienveillant

il y a 2 mois

Le vrai problème, c'est que les réseaux sociaux sont conçus pour capter l'attention des plus jeunes. Interdire, c'est juste éviter de réguler les GAFAM.

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C

Corte

il y a 2 mois

Et vous trouvez ça normal qu'un gouvernement veuille contrôler nos vies comme ça ?

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C

corte

il y a 2 mois

Nooooon sérieux ??? Ils veulent nous priver de TikTok ??? Mais c'est notre vie sociale là !!!

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Hermès

il y a 2 mois

Le gouvernement perd sur toute la ligne : le Conseil d'État lui rappelle que les libertés fondamentales ne sont pas négociables. Dommage qu'ils aient attendu pour le comprendre.

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Ben_440

il y a 2 mois

En Allemagne, ils ont mis en place des systèmes de contrôle parental avec l'accord des parents. Pourquoi pas essayer ça avant d'interdire ?

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Maïwenn Caen

il y a 2 mois

@ben-440 Oui mais en Allemagne, les parents sont plus impliqués. Chez nous, c'est pas gagné...

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Isabelle du 61

il y a 2 mois

Bof, encore une mesure qui va finir en eau de boudin. Comme d'hab...

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Raphaël63

il y a 2 mois

Moi j'ai vu ma nièce de 12 ans gérer son compte Instagram mieux que certains adultes. Interdire, c'est nier la réalité.

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Prologue48

il y a 2 mois

Si on interdit les réseaux, les ados iront sur le dark web. C'est ça la solution ?

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Reporter citoyen

il y a 2 mois

@prologue48 Exact, mais le dark web c'est un autre problème. Le vrai débat c'est : comment protéger sans censurer ?

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veronique-de-saint-etienne

il y a 2 mois

Le gouvernement veut toujours tout interdire au lieu de réguler. Comme d'hab.

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Patrick du 67

il y a 2 mois

Interdire les réseaux sociaux aux mineurs ? Autant interdire les bonbons, ça évitera les caries. Franchement, on vit dans quel monde ?

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J

julien-sorel-3

il y a 2 mois

@patrick-du-67 Je suis d'accord avec toi, mais faut quand même reconnaître que les réseaux posent des problèmes réels. Le débat est plus complexe qu'une simple opposition interdiction/liberté.

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Alain27

il y a 2 mois

Le Conseil d'État a raison de rappeler que l'éducation aux réseaux sociaux est plus efficace qu'une interdiction pure et simple. Mais du coup, qui va financer ces programmes d'éducation ? Parce que sans moyens, ça reste du vent...

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