Une mesure controversée face aux dérives des réseaux sociaux
L'Assemblée nationale examine aujourd'hui une proposition de loi visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Une mesure qui intervient dans un contexte de crise de la démocratie locale et de montée des discours extrémistes en ligne. Emmanuel Macron a annoncé samedi qu'il engagerait la procédure accélérée pour une adoption rapide, avec une entrée en vigueur prévue dès la rentrée prochaine.
Pour justifier cette décision, le président a évoqué la protection des jeunes :
"Le cerveau de nos enfants et de nos adolescents n'est pas à vendre."Une position qui s'inscrit dans une stratégie plus large de régulation des géants du numérique, souvent accusés de nuire à la santé mentale des plus jeunes.
Cependant, cette interdiction soulève des questions sur son efficacité réelle. Certains experts estiment qu'elle pourrait pousser les adolescents vers des plateformes moins régulées, tandis que d'autres y voient une mesure symbolique face à l'incapacité des gouvernements à encadrer les réseaux sociaux.
Une primaire de gauche sans ses figures emblématiques
Dans un autre registre, plusieurs responsables de gauche ont annoncé l'organisation d'une primaire commune pour la présidentielle de 2027, prévue le 11 octobre prochain. Une initiative qui se veut unitaire, mais qui se heurte à l'absence des figures les plus marquantes du paysage politique français : Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann et Fabien Roussel.
Cette absence interroge sur la légitimité d'une primaire sans ses principaux candidats potentiels. Certains y voient une manœuvre pour marginaliser Mélenchon, tandis que d'autres estiment que cette primaire pourrait servir de laboratoire pour une alliance future, malgré les divisions persistantes au sein de la gauche.
Cette initiative s'inscrit dans un contexte de stratégie des partis pour 2027, où la gauche tente de se restructurer face à la montée en puissance de l'extrême droite et à la persistance d'un pouvoir macroniste affaibli.
Un gouvernement sous pression
Le gouvernement Lecornu II, déjà confronté à des défis majeurs comme la crise des finances publiques et la crise agricole, voit cette mesure sur les réseaux sociaux comme un moyen de redorer son image progressiste. Cependant, cette initiative pourrait aussi être perçue comme une diversion face aux difficultés économiques et sociales persistantes.
Par ailleurs, l'annonce de cette primaire de gauche intervient dans un contexte de crise des vocations politiques, où les partis traditionnels peinent à renouveler leurs cadres et à séduire les jeunes générations.
Alors que la France s'apprête à vivre une nouvelle campagne présidentielle, ces deux sujets illustrent les tensions et les enjeux d'un paysage politique en pleine mutation.