Budget 2026 : Le PS a-t-il trahi ses valeurs pour quelques miettes ?

Par SilverLining 21/01/2026 à 19:11
Budget 2026 : Le PS a-t-il trahi ses valeurs pour quelques miettes ?

Le PS accuse-t-il le gouvernement de l'avoir trahi ? Analyse des concessions et des renoncements dans le budget 2026.

Un compromis qui fait grincer des dents à gauche

Alors que le gouvernement Lecornu II s'apprête à faire adopter le budget 2026 par le biais du 49.3, les critiques pleuvent depuis la gauche radicale. La France insoumise accuse le Parti socialiste d'avoir renié ses engagements en échange de concessions minimes, tandis que le PS défend une stratégie de compromis nécessaire pour faire avancer ses idées.

Des promesses non tenues sur la fiscalité

Parmi les mesures phares du contre-budget socialiste, plusieurs n'apparaissent pas dans la version finale du texte. La taxe Zucman sur les très hauts patrimoines, présentée comme une ligne rouge, a été abandonnée. Idem pour le rétablissement de l'impôt sur la fortune (ISF), pourtant au cœur des revendications du PS. Un recul symbolique fort pour un parti qui se veut défenseur de la justice fiscale.

Les socialistes avaient également promis de doubler la taxe sur les Gafam, mais cette mesure n'a pas été retenue. En revanche, le gouvernement a accepté de limiter les avantages fiscaux du pacte Dutreil, une victoire partielle pour le PS.

La réforme des retraites : un gel temporaire, mais pas d'abrogation

Sur la question des retraites, le PS avait exigé un retour à l'âge légal de 62 ans. Le gouvernement a finalement opté pour un gel à 62 ans et 9 mois jusqu'en 2028, permettant à 3,5 millions de personnes de partir plus tôt.

« Le combat continue »
, assure le PS, mais cette concession est loin de satisfaire les militants.

Quelques victoires sur le pouvoir d'achat

Le gouvernement a toutefois cédé sur plusieurs points réclamés par les socialistes. Le dégel du barème de l'impôt sur le revenu permettra d'éviter que l'inflation ne pousse des ménages dans l'imposition. La prime d'activité sera augmentée pour les travailleurs modestes, et le repas à 1 euro dans les restaurants universitaires sera étendu à tous les étudiants.

Une surtaxe sur les bénéfices des grands groupes a également été maintenue, répondant en partie aux demandes du PS de mettre à contribution les grandes entreprises.

Un budget « socialiste » selon la droite, un renoncement selon LFI

La droite a qualifié ce budget de « socialiste », une ironie pour La France insoumise, qui y voit un reniement. Mathilde Panot, cheffe de file des députés LFI, a dénoncé l'absence des mesures phares du PS dans le texte final.

« Combien ont été mises, dans ce budget, de ces grandes propositions qui avaient été faites par le Parti socialiste ? Zéro »
, a-t-elle déclaré.

Pour le PS, ces critiques relèvent d'une stratégie maximaliste qui ignore les réalités du compromis politique. Olivier Faure, premier secrétaire du parti, défend une approche pragmatique :

« Nous avons obtenu des avancées, même modestes, et cela vaut mieux que l'immobilisme »
.

Un budget sous tension dans un contexte politique explosif

Alors que la crise des finances publiques s'aggrave, ce budget s'inscrit dans un contexte de guerre des droites et de stratégie des partis pour 2027. Le PS tente de se positionner comme un rempart face à l'extrême droite, tandis que LFI accuse le parti de normaliser les politiques libérales.

Avec l'utilisation du 49.3, le gouvernement Lecornu II évite un vote risqué, mais renforce les tensions avec l'opposition. Emmanuel Macron, dont le quinquennat s'achève, pourrait voir ce budget comme un dernier test avant les élections.

À propos de l'auteur

SilverLining

On me demande souvent comment je garde espoir face au désastre politique actuel. Ma réponse est simple : je vois ce qui se passe sur le terrain. Des citoyens qui s'organisent, des collectifs qui naissent, des alternatives qui émergent. La politique ne se résume pas aux jeux de pouvoir parisiens. Partout en France, des gens refusent la résignation et inventent autre chose. C'est cette France-là que je documente, celle qui ne fait jamais les gros titres mais qui prépare le monde d'après.

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Commentaires (8)

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Zénith

il y a 4 semaines

Le PS a perdu son âme sociale pour rester dans le jeu. La fin d'une époque.

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B

Buse Variable

il y a 4 semaines

Le PS = le parti des trahisons. Point.

0
M

Michèle du 54

il y a 4 semaines

En tant que retraitée, je peux vous dire que ces miettes ne suffiront pas. Mon fils va devoir travailler jusqu'à 70 ans, merci bien !

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R

Reporter citoyen

il y a 4 semaines

Moi j'ai vu un député PS dire en off : 'On a sauvé les meubles, c'est déjà ça.' Bref, la réalité est là.

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B

Borrégo

il y a 4 semaines

Et après on s'étonne que les gens votent pour les extrêmes...

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R

Renard Roux

il y a 4 semaines

Le PS a vendu son âme pour un budget de misère. Pathétique.

-1
T

Tmèse

il y a 4 semaines

Franchement, @renard-roux, tu crois quoi ? Le PS a tjrs fait des compromis. C'est la politique, mon pote.

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T

ThirdEye

il y a 4 semaines

@tmese Tu dis ça, mais est-ce que le PS a vraiment le choix ? Entre les marchés et les électeurs, c'est un équilibre impossible.

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