Un retour en force sous haute tension
Dans un contexte politique irakien profondément polarisé, le Cadre de coordination, principale alliance chiite au Parlement, a officialisé samedi 24 janvier son soutien à la candidature de Nouri Al-Maliki pour un troisième mandat de premier ministre. Une décision qui relance les tensions entre factions politiques et ravive les critiques sur la gestion autoritaire du pays.
Un choix contesté malgré l'expérience
Selon un communiqué publié par l'alliance, la désignation de M. Maliki a été actée « à la majorité des voix », mettant en avant son expérience politique et administrative. Une justification qui sonne comme un aveu des divisions internes, alors que des voix s'élèvent pour dénoncer un retour en arrière.
« Son parcours dans la gestion de l'État » est évoqué comme argument principal, alors que son héritage est marqué par des accusations de corruption et de divisions confessionnelles.
Un système politique verrouillé
À 75 ans, M. Maliki incarne une continuité dans un système où le poste de premier ministre est traditionnellement réservé à un chiite, la présidence du Parlement à un sunnite, et la présidence de la République à un Kurde. Une répartition qui, sous couvert d'équilibre, consacre en réalité un pouvoir chiite dominant, souvent accusé de marginaliser les autres communautés.
Depuis les législatives de novembre 2025, le Cadre de coordination, dont fait partie M. Maliki, a constitué le bloc majoritaire. Mais les négociations pour la répartition des postes ont été âpres, révélant des fractures profondes au sein même de la majorité chiite.
Un héritage lourd et des critiques persistantes
Ancien premier ministre entre 2006 et 2014, M. Maliki est une figure centrale mais controversée. Son mandat a été marqué par des accusations de corruption et d'autoritarisme, ainsi que par une gestion critiquée de la montée en puissance de l'État islamique. Des critiques qui resurgissent aujourd'hui, alors que l'Irak peine à se reconstruire.
Son retour pourrait également renforcer les liens avec l'Iran, un sujet sensible dans un pays où les influences étrangères, notamment américaines, restent fortes. Une perspective qui inquiète les observateurs, alors que la région traverse une période de tensions accrues.
Un processus démocratique sous surveillance
Le Parlement irakien a élu un président en décembre, et doit prochainement désigner un nouveau chef de l'État, qui nommera officiellement le successeur de Mohammed Chia Al-Soudani. Un processus qui, malgré son cadre institutionnel, reste profondément influencé par les jeux d'alliances et les pressions externes.
Dans ce contexte, la candidature de M. Maliki symbolise à la fois la résilience d'un système politique verrouillé et les défis persistants de la démocratie irakienne. Une situation qui rappelle, par certains aspects, les crises politiques traversées par d'autres pays de la région, où le pouvoir reste souvent concentré entre les mains de quelques acteurs.