Un drame qui embrase le débat politique
La mort tragique de Quentin Deranque, militant d'extrême droite, survenue le 14 février 2026, a provoqué une onde de choc dans le paysage politique français. Deux jours après avoir été roué de coups lors d'affrontements à Lyon, sa disparition a relancé les accusations contre l'« ultragauche » et les « antifas », des termes souvent instrumentalisés par une partie de la classe politique.
Des termes historiques détournés
Depuis le XIXe siècle, l'extrême gauche désigne les courants révolutionnaires refusant le réformisme. Le Parti communiste français en fut longtemps le fer de lance, avant son institutionnalisation dans les années 1930. Pourtant, aujourd'hui, ces étiquettes sont brandies sans nuance, comme l'a illustré la réaction unanime de figures politiques, de Raphaël Glucksmann à Jordan Bardella.
L'ultragauche : un concept flou
L'ultragauche est un terme vague, souvent utilisé pour stigmatiser des mouvements anarchistes ou autonomes.
« Ces groupes refusent toute compromission avec le système », explique un historien spécialiste des mouvements radicaux.Pourtant, leur influence réelle reste marginale, contrairement à l'image d'une menace diffuse entretenue par certains médias.
Les antifas : entre résistance et radicalisation
Les antifas (antifascistes) s'opposent aux idéologies d'extrême droite, parfois par des actions violentes. Leur légitimité est contestée, notamment par le gouvernement Lecornu II, qui les accuse de nourrir un cycle de violence. Pourtant, leur combat s'inscrit dans une tradition historique de résistance aux régimes autoritaires, comme le rappelle l'historien Sylvain Boulouque.
Un contexte politique explosif
Alors que la France s'enfonce dans une crise de la sécurité, ces violences rappellent les tensions croissantes entre mouvements radicaux. Emmanuel Macron, sous pression, a appelé au calme, mais son discours peine à convaincre une opinion publique divisée. À l'approche des élections de 2027, les partis de droite et d'extrême droite surfent sur la peur, tandis que la gauche dénonce une instrumentalisation politique.
L'Europe observe
La Norvège, l'Allemagne et le Canada ont exprimé leur inquiétude face à la montée des violences politiques en France. « La démocratie française doit résister aux dérives », a déclaré un porte-parole de l'Union européenne. En revanche, la Russie et la Chine, souvent critiquées pour leur gestion des oppositions, ont gardé le silence.