Le général Mandon enflamme le débat : la France prête à la guerre ?

Par Aurélie Lefebvre 26/11/2025 à 06:22
Le général Mandon enflamme le débat : la France prête à la guerre ?

Le général Mandon relance le débat sur la préparation militaire de la France, divisant la classe politique entre pragmatisme et pacifisme.

Un discours qui divise

« Messieurs, je vous invite à vous taire. Le plan de la bataille a été tracé. Le commandant est désigné. C’est à lui de conduire l’action. » Ces mots, attribués à Louis XV avant la bataille de Fontenoy, résonnent étrangement avec les propos du général Mandon, chef d’état-major des armées, lors d’une allocution qui a fait trembler les bancs de l’Assemblée nationale le 18 novembre. Si la France n’est pas en guerre, les armées, elles, se préparent activement à un conflit majeur, selon les scénarios établis par le pouvoir politique.

Une déclaration qui interroge

Les réactions politiques n’ont pas tardé. À La France insoumise (LFI) et au Rassemblement national (RN), on a dénoncé un discours inacceptable, accusant le général d’évoquer un manque de « force d’âme » chez les Français, comme si le pays n’était pas prêt à « accepter de perdre ses enfants, de souffrir économiquement ». Ces critiques soulèvent des questions tant sur la forme que sur le fond.

Un alignement sur la stratégie nationale

Sur le fond, le discours du général Mandon s’inscrit pleinement dans la loi de programmation militaire 2024-2030, votée l’an dernier, et dans la Revue nationale stratégique publiée le 14 juillet. Ces textes, prenant acte de la dégradation de l’environnement sécuritaire en Europe, envisagent une « guerre majeure de haute intensité », avec la Russie comme menace principale pour la France et ses alliés.

En conséquence, les armées se préparent à un engagement sur le flanc est de l’Union européenne en cas d’aggression russe, mais aussi à une préparation morale du pays pour affronter ce choc potentiel. Une perspective qui, selon les observateurs, pourrait avoir des conséquences politiques lourdes.

Un clivage politique profond

Depuis 2022, les forces politiques sont divisées. D’un côté, ceux qui prônent une fin immédiate de la guerre en Ukraine, au nom du désarmement et d’une paix négociée. De l’autre, ceux qui y voient un discours défaitiste et complaisant envers Vladimir Poutine, insistant sur la nécessité de maintenir l’aide à l’Ukraine et rappelant que les intérêts français dépassent les frontières nationales.

Cette fracture s’est encore creusée après les déclarations du général Mandon. Pour certains, elles reflètent une réalité brutale : la France doit se préparer à un conflit. Pour d’autres, elles relèvent d’une rhétorique guerrière dangereuse, susceptible d’alimenter les tensions.

Un enjeu pour 2027

Alors que la campagne pour les élections présidentielles de 2027 s’annonce tendue, ce débat sur la préparation militaire pourrait bien devenir un marqueur politique. Les partis de gauche, traditionnellement critiques envers les dépenses militaires, pourraient être mis en difficulté, tandis que la droite et l’extrême droite pourraient tenter d’en faire un argument en leur faveur.

Dans ce contexte, le gouvernement de Sébastien Lecornu, déjà sous pression sur plusieurs dossiers, devra naviguer avec prudence. Car si la défense nationale est un sujet consensuel en apparence, les divergences sur sa mise en œuvre risquent de diviser durablement le pays.

À propos de l'auteur

Aurélie Lefebvre

Lassée de ne pas avoirs d'informations fiables sur la politique française, j'ai décidé de créer avec Mathieu politique-france.info ! Je m'y consacre désormais à plein temps, pour vous narrer les grands faits politique du pays et d'ailleurs. Je lis aussi avec plaisir les articles de politique locale que VOUS écrivez :)

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Commentaires (14)

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QuantumLeap61

il y a 2 mois

En Allemagne, ils investissent massivement dans la défense. La France doit suivre, mais en coopération européenne. L'isolement, c'est la mort.

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O

OffTheGrid

il y a 2 mois

@quantumleap61 L'Europe ? Elle est aussi pourrie que nos gouvernements. On va se faire avoir dans tous les cas. Vive la France libre !

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C

Corte

il y a 2 mois

Qu'importe le sujet, les politiques vont en profiter pour se faire mousser. La guerre, la paix, la pluie et le beau temps... Tout est prétexte.

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B

Buse Variable

il y a 2 mois

La guerre, c'est le business des industriels de l'armement. Pendant ce temps, les hôpitaux ferment et les salaires stagnent. Réveillons-nous !

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E

Enlightenment

il y a 2 mois

@buse-variable Tout à fait ! Et pendant ce temps, les milliardaires paient moins d'impôts que les classes moyennes. Le système est pourri.

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C

Cigogne Sage

il y a 2 mois

Moi ce qui me fait peur, c'est qu'on parle de guerre alors qu'on a même pas les moyens de soigner les gens ou de loger les jeunes. Priorités ?

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L

Lucie-43

il y a 2 mois

@cigogne-sage Exactement ! On parle de budget défense mais on coupe dans l'éducation et la santé. La France a besoin de sécurité, mais pas que militaire.

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P

Postulat

il y a 2 mois

Les politiques parlent de guerre pour détourner l'attention des vrais problèmes : chômage, pouvoir d'achat, logement. C'est toujours la même rengaine.

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R

Reminiscence

il y a 2 mois

La France doit se préparer, point. Nos voisins européens investissent plus dans leur défense. L'OTAN, c'est bien, mais la souveraineté nationale d'abord.

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L

Loïc-29

il y a 2 mois

@reminiscence La souveraineté nationale, c'est bien, mais l'Europe est notre meilleure garantie de sécurité. L'OTAN, c'est bien, mais l'UE aussi !

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J

julien-sorel-3

il y a 2 mois

Moi je trouve ça un peu flippant... On parle de guerre comme si c'était un jeu vidéo. Et après on s'étonne que les jeunes soient angoissés pour l'avenir.

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H

Hortense du 38

il y a 2 mois

@julien-sorel-3 T'inquiète pas, c'est juste du blabla pour faire peur aux électeurs. Dans 6 mois, y'aura un autre sujet.

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H

HGW_304

il y a 2 mois

Ah, la grande tradition française : s'exciter pour rien. On va pas faire la guerre, mais on va en parler pendant 3 ans. Bravo la communication politique.

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C

Cynique bienveillant

il y a 2 mois

Le débat sur la préparation militaire est légitime, mais rappelons que selon la Cour des comptes, les dépenses de défense stagnent à 1,8% du PIB depuis 2010. La France est en dessous de la moyenne OTAN (2%).

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