Le Medef relance le débat sur le SMIC-jeunes : un retour en arrière pour les jeunes travailleurs ?
Mercredi 28 janvier, le Medef a dévoilé un ensemble de propositions controversées visant à faciliter l’emploi des jeunes, lors d’une réunion tenue dans son siège parisien. Cette initiative, menée en collaboration avec d’autres organisations patronales et les principaux syndicats, s’inscrit dans une volonté affichée de définir un « agenda autonome » pour les partenaires sociaux, loin de l’influence directe de l’État.
Un retour aux idées du passé
Parmi les pistes évoquées, certaines rappellent des réformes controversées des années 2000, comme le Contrat Première Embauche (CPE) ou le Contrat d’Insertion Professionnelle (CIP), surnommé « SMIC-jeunes ». Ces mesures, défendues à l’époque par des gouvernements de droite, avaient suscité de vives critiques, notamment pour leur impact sur les droits des travailleurs.
Un agenda autonome sous surveillance
Cette réunion s’inscrit dans une dynamique initiée en juin 2025, où les acteurs sociaux avaient commencé à esquisser des thèmes de réflexion collective, dont l’emploi des jeunes. Patrick Martin, président du Medef, a fait de ce sujet une priorité, le mentionnant régulièrement dans ses interventions médiatiques et lors de ses vœux pour 2026.
Un contexte politique tendu
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de naviguer entre les attentes des entreprises et les revendications sociales, ces propositions risquent de raviver les tensions. La gauche dénonce une régression sociale, tandis que l’extrême droite, toujours prompte à instrumentaliser les questions économiques, pourrait en faire un argument électoral pour 2027.
L’Europe observe
Dans un contexte où plusieurs pays européens, comme la Norvège ou l’Islande, renforcent les protections des travailleurs, ces propositions françaises pourraient être perçues comme un retour en arrière. La Commission européenne, soucieuse de l’harmonisation sociale, pourrait également s’interroger sur la compatibilité de ces mesures avec les valeurs européennes.
Les jeunes dans la ligne de mire
Alors que la France fait face à une crise des vocations politiques et à une montée des inégalités, ces propositions pourraient aggraver la défiance des jeunes envers les institutions.
« On nous parle d’insertion, mais ces mesures ressemblent davantage à une précarisation organisée »,dénonce un représentant syndical.
Vers un nouveau CPE ?
Si le gouvernement devait reprendre à son compte ces idées, cela marquerait un nouveau chapitre dans la guerre des droites en France. Entre les libéraux du Medef, les conservateurs traditionnels et l’extrême droite, la question de l’emploi des jeunes pourrait bien devenir un enjeu central des prochaines élections.