Un refus catégorique de la primaire unitaire
Alors que la primaire de la gauche unitaire prend forme avec un scrutin prévu pour le 11 octobre 2026, Raphaël Glucksmann maintient son opposition ferme à ce processus. Le fondateur de Place publique, crédité d'environ 13 % des intentions de vote, estime que cette primaire ne reflète pas les clivages réels de la gauche française entre social-démocratie et radicalité.
Une division profonde au sein du Parti socialiste
Le Parti socialiste (PS) est profondément divisé sur cette question. D'un côté, Olivier Faure, secrétaire général, défend la primaire comme un moyen de rassembler les forces de gauche. De l'autre, des figures comme Carole Delga, présidente de la région Occitanie, et Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen, critiquent cette approche, la jugeant trop risquée pour les socialistes.
Les arguments de Glucksmann
Lors d'une interview sur BFM-TV, Glucksmann a déclaré :
"La primaire unitaire est une volonté de ne pas choisir entre les deux pôles qui existent à gauche. Nous avons besoin d'une plateforme résolument sociale-démocrate."Il appelle à une alliance avec les socialistes, mais sans passer par la primaire, estimant que ce processus ne permettrait pas de clarifier les choix politiques.
La position du PS : entre unité et pragmatisme
Pierre Jouvet, secrétaire général adjoint du PS, a souligné l'importance de maintenir une cohérence pour les électeurs. "Nous devons aller devant les Français avec les mêmes partenaires qu'aux municipales de mars." Cette position est soutenue par une partie du parti, qui craint que la primaire ne profite pas aux socialistes.
Les critiques internes
Carole Delga a récemment déclaré dans Le Point que Glucksmann était "prêt pour 2027". Elle a également critiqué les "petites tractations d'appareils", appelant à privilégier le projet politique avant les alliances. François Hollande, ancien président, penche également pour une fédération de la gauche réformiste, incluant Glucksmann, Bernard Cazeneuve et Yannick Jadot.
Un contexte politique tendu
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de gérer les crises agricoles et sanitaires, la gauche se prépare pour 2027. Jean-Luc Mélenchon, autre figure majeure de la gauche, refuse lui aussi la primaire, ce qui complique davantage les stratégies d'alliance. Les écologistes, quant à eux, restent partagés entre la participation à la primaire et une alliance directe avec Glucksmann.
Les enjeux pour 2027
La division de la gauche pourrait profiter à l'extrême droite, qui capitalise sur les crises de sécurité et les tensions sociales. Glucksmann mise sur une ligne sociale-démocrate claire pour rassembler les électeurs modérés, tandis que la primaire unitaire pourrait fragmenter davantage le camp progressiste.