Lecornu prépare des législatives anticipées : une manœuvre politique sous tension

Par Anachronisme 09/01/2026 à 22:17
Lecornu prépare des législatives anticipées : une manœuvre politique sous tension

Sébastien Lecornu envisage des législatives anticipées pour contrer les motions de censure du RN et de LFI. Un contexte explosif pour le gouvernement.

Un gouvernement sous pression face aux motions de censure

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a ordonné au ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, d'étudier la possibilité d'organiser des élections législatives anticipées aux mêmes dates que les municipales, les 15 et 22 mars. Cette initiative, révélée vendredi 9 janvier, intervient dans un contexte de crise politique exacerbée par les menaces de motions de censure du Rassemblement national (RN) et de La France insoumise (LFI).

Des motions de censure motivées par l'accord Mercosur

Les deux motions, qui seront débattues à l'Assemblée nationale entre le 13 et le 14 janvier, visent à sanctionner l'adoption de l'accord avec le Mercosur par les États membres de l'Union européenne. Un choix stratégique qui pourrait précipiter la chute du gouvernement Lecornu II, suivie d'une dissolution de l'Assemblée nationale, selon une source proche de l'exécutif.

Macron et Lecornu unis face à la crise

Le président Emmanuel Macron et le Premier ministre sont d'accord sur cette éventualité, bien que la décision finale incombe au chef de l'État, conformément à la Constitution. Dans un tweet publié vendredi matin, Lecornu a vivement critiqué les « postures cyniques partisanes » qui, selon lui, retardent les discussions budgétaires.

« La France a une position claire sur le Mercosur : nous voterons contre, sans surprise. »

Le Premier ministre accuse le RN et la LFI de « choisir délibérément d'afficher des désaccords politiciens internes » et d'« affaiblir la voix de la France » à l'étranger. Ces motions, ajoute-t-il, retardent encore les discussions budgétaires déjà bloquées par les mêmes partis politiques.

Un budget 2026 en péril

Le budget de l'État pour 2026 n'a pas pu être voté dans les délais, contraignant le Parlement à adopter une loi spéciale pour assurer la continuité des services publics. Les députés ont repris l'examen du texte jeudi en commission des finances, mais ont largement rejeté la partie recettes, laissant peu d'espoir pour un consensus en séance la semaine prochaine.

Une stratégie risquée pour le gouvernement

En préparant des élections anticipées, le gouvernement tente de reprendre l'initiative face à une opposition radicalisée. Cependant, cette manœuvre pourrait se retourner contre lui, notamment si les partis d'opposition parviennent à capitaliser sur le mécontentement populaire. La crise politique actuelle s'inscrit dans un contexte plus large de défiance envers les institutions, alimentée par les blocages répétés au Parlement.

Un enjeu européen crucial

L'accord avec le Mercosur, bien que controversé, illustre les tensions entre la France et certains de ses partenaires européens. Une situation qui pourrait s'aggraver si les motions de censure aboutissent, fragilisant davantage la position française au sein de l'UE.

À propos de l'auteur

Anachronisme

On nous vend une modernité qui n'est qu'un retour en arrière déguisé. Destruction des services publics, casse du Code du travail, démantèlement de la Sécurité sociale : tout ce que nos grands-parents ont construit est méthodiquement détruit au nom du "progrès". Je refuse cette arnaque. Mon travail consiste à rappeler d'où nous venons pour comprendre où on nous emmène. Et croyez-moi, la destination ne me plaît pas. Je continuerai à documenter ce hold-up démocratique tant que ce sera possible.

Votre réaction

Connectez-vous pour réagir à cet article

Publicité

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.

Votre avis

Commentaires (8)

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter cet article.

E

Etchecopar

il y a 20 heures

Euh... Lecornu il croit vraiment qu'on va voter pour lui après sa gestion de merde ? Genre 'allez, on recommence'... Non mais sérieux ???

1
A

Alexis_767

il y a 21 heures

Le problème, c'est que les législatives anticipées pourraient donner une majorité ingouvernable. Entre le RN qui monte et LFI qui radicalise son discours, le centre risque de se faire écraser. Et après, on fait quoi ?

-2
T

TrailBlazer

il y a 22 heures

PTDR le gouvernement en mode 'on va tout recommencer' alors qu'ils ont tout foiré. Franchement, ils nous prennent pour des jambons ou quoi ???

3
M

max-490

il y a 22 heures

Mouais... Encore une fois, on va se retrouver avec des promesses en l'air et des gens qui crient au scandale. Bof, à part ça, tout va bien.

5
F

Fab-49

il y a 23 heures

Stratégiquement, c'est risqué. Le RN et LFI ont déjà les motions prêtes, et une dissolution pourrait les renforcer. Le gouvernement joue avec le feu en misant sur une dynamique électorale incertaine.

2
B

Bergeronnette

il y a 21 heures

@fab-49 Exactement. Le gouvernement mise sur l'effet de surprise, mais ça peut se retourner contre lui. Point.

0
D

DigitalAge

il y a 1 jour

Nooooon mais sérieux ??? Lecornu il veut nous faire une élection surprise ??? Genre il croit quoi ??? Qu'on va oublier toutes ses promesses non tenues ??? Pfff...

1
A

Avocat du diable 2023

il y a 23 heures

@digitalage Et tu préfères quoi ? Qu'ils restent à se bouffer le nez pendant 5 ans ? Au moins là, on sait à quoi s'attendre.

0
Publicité