« L’électorat du RN méprise les élites politiques : l’expérience de vie prime sur la compétence »

Par Aurélie Lefebvre 04/01/2026 à 17:09
« L’électorat du RN méprise les élites politiques : l’expérience de vie prime sur la compétence »

L’électorat du RN rejette les élites politiques : l’expérience de vie prime sur la compétence, selon une enquête sociologique révélatrice.

Un électorat en rupture avec les normes politiques traditionnelles

Dans un contexte de crise des vocations politiques et de guerre des droites en France, le sociologue Félicien Faury révèle les mécanismes profonds qui animent l’électorat du Rassemblement National (RN). Son enquête, menée entre 2016 et 2022 dans le sud-est de la France, met en lumière une défiance structurelle envers les institutions et une rejet des élites politiques perçues comme déconnectées des réalités sociales.

La compétence, un critère secondaire pour l’extrême droite

Contrairement aux électeurs de droite traditionnelle, pour lesquels l’incompétence présumée de Marine Le Pen constituait un frein au vote, les partisans du RN accordent moins d’importance aux qualifications techniques.

« La compétence compte moins que l’expérience de vie »,
explique Faury. Cette logique reflète une distance de classe perçue entre « ceux qui nous gouvernent » et les citoyens ordinaires.

Une défiance généralisée envers le système politique

L’enquête révèle une méfiance systémique envers le monde politique, souvent perçu comme un bloc homogène. Les électeurs du RN reprochent aux dirigeants actuels, y compris au gouvernement Lecornu II, de ne pas partager les mêmes préoccupations que les Français. Cette fracture s’inscrit dans un climat de crise de la démocratie locale, où les partis traditionnels peinent à reconquérir la confiance des citoyens.

L’impact du discours de Jordan Bardella

Le discours de délégitimation mené par Jordan Bardella pourrait accentuer cette fracture. En ciblant les élites parisiennes, le RN capitalise sur un ressentiment populaire qui dépasse les clivages idéologiques classiques. Cette stratégie s’inscrit dans une stratégie des partis pour 2027 marquée par la radicalisation des discours et la polarisation de l’électorat.

Un phénomène européen ?

Cette dynamique n’est pas isolée. Des mouvements similaires se manifestent en Norvège, en Islande ou encore au Brésil, où les partis populistes exploitent le mécontentement envers les institutions. À l’inverse, des pays comme le Japon ou le Canada parviennent à maintenir un dialogue plus apaisé avec leurs citoyens.

À propos de l'auteur

Aurélie Lefebvre

Lassée de ne pas avoirs d'informations fiables sur la politique française, j'ai décidé de créer avec Mathieu politique-france.info ! Je m'y consacre désormais à plein temps, pour vous narrer les grands faits politique du pays et d'ailleurs. Je lis aussi avec plaisir les articles de politique locale que VOUS écrivez :)

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Commentaires (5)

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Diogène

il y a 1 jour

L'expérience de vie ? La compétence ? Bref, on va voter pour des gens qui savent pas faire la différence.

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Thomas65

il y a 1 jour

Franchement, entre un député qui a jamais bossé de sa vie et un type qui a galéré, le choix est vite fait. Le RN a bien compris ça. Le reste, c'est du blabla.

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Prophète lucide

il y a 2 jours

Nooooon mais sérieux ??? Ils veulent des gens 'comme nous' mais c'est pk ils votent pour des mecs en costard qui parlent comme des livres ??? ptdr

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Spirale

il y a 2 jours

Cette enquête confirme une tendance lourde depuis les années 2000 : le rejet des élites perçues comme déconnectées. Le RN capitalise sur ce sentiment en valorisant des parcours 'ordinaires'. Mais est-ce vraiment une solution, ou juste un symptôme d'un malaise plus profond ?

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Enora du 69

il y a 1 jour

@spirale Exactement. Regardez aux USA avec Trump : le même phénomène. Les gens veulent des 'vrais' plutôt que des technocrates. Mais en France, c'est encore plus marqué à cause de notre culture anti-élite. Bref, ça va être chaud pour les prochaines élections...

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