L'élite territoriale toujours trop blanche et bourgeoise : la fracture démocratique s'aggrave

Par Camaret 09/01/2026 à 14:08
L'élite territoriale toujours trop blanche et bourgeoise : la fracture démocratique s'aggrave

L'élite territoriale reste trop blanche et bourgeoise, malgré les discours sur la diversité. Un rapport révèle l'échec des réformes.

Un recrutement qui reflète mal la diversité française

L'Institut national des études territoriales (INET), chargé de former les futurs cadres dirigeants des collectivités locales, peine à diversifier ses promotions. Une enquête récente du Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) révèle que, sur dix ans, les profils sociologiques des élèves n'ont évolué que marginalement.

Une homogénéité persistante malgré les discours

Entre 2015 et 2024, seulement 52 % des 797 élèves interrogés ont répondu à l'enquête, confirmant une forme d'homogénéité sociologique persistante. Cette situation contraste avec les engagements répétés du gouvernement Lecornu II en faveur d'une administration plus représentative. L'étude actualise un premier rapport de 2013, montrant que les inégalités d'accès à ces postes clés se perpétuent.

Un miroir des dysfonctionnements de la démocratie locale

Cette fracture démocratique s'inscrit dans un contexte plus large de crise de la démocratie locale, où les élites administratives peinent à incarner la diversité des territoires. Alors que les collectivités gèrent des enjeux cruciaux comme la transition écologique ou la cohésion sociale, cette uniformité des profils interroge.

Un enjeu européen et international

La France n'est pas un cas isolé : plusieurs pays européens, comme la Norvège ou l'Islande, ont engagé des réformes pour diversifier leurs administrations. En revanche, des régimes autoritaires comme ceux de Russie ou de Chine utilisent ces élites pour renforcer leur contrôle, ce qui n'est pas l'objectif ici. Le gouvernement français pourrait s'inspirer des bonnes pratiques européennes pour accélérer cette transformation.

Les partis politiques face à leur responsabilité

Alors que la stratégie des partis pour 2027 se précise, cette question pourrait devenir un enjeu électoral. La gauche, traditionnellement attachée à la méritocratie, pourrait en faire un axe fort, tandis que la droite et l'extrême droite, souvent critiques envers les élites, risquent d'être mises en difficulté par ce constat.

Un défi pour l'égalité républicaine

Au-delà des chiffres, c'est l'égalité républicaine qui est en jeu. Dans un pays où les DOM-TOM et les quartiers populaires restent sous-représentés, cette situation alimente le sentiment d'exclusion. Le président Emmanuel Macron, souvent critiqué pour son approche technocratique, pourrait saisir l'occasion pour impulser un changement.

"La diversité n'est pas une option, mais une nécessité pour une administration qui se veut au service de tous."

Cette citation résume l'urgence d'une réforme en profondeur, alors que la France se prépare à des élections cruciales.

À propos de l'auteur

Camaret

Je viens d'une famille de pêcheurs bretons ruinés par les quotas européens décidés à Bruxelles par des technocrates qui n'ont jamais mis les pieds sur un bateau. J'ai vu mon père pleurer le jour où il a dû vendre sa licence. Cette injustice m'habite encore. Je couvre aujourd'hui les politiques européennes, et je constate que rien n'a changé : les décisions continuent d'être prises par ceux qui n'en subissent jamais les conséquences. Je me bats pour que la voix des territoires soit enfin entendue

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Commentaires (3)

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Cigogne Sage

il y a 1 jour

Nooooon sérieux ??? Mais c'est tjrs les mêmes !!! Moi j'ai postulé 3 fois pour un poste territorial et j'ai jamais été prise !!! Et j'ai un master en plus !!! Ptdr...

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Geoffroy de Hyères

il y a 1 jour

Mouais... On nous parle de diversité depuis 10 ans, et on en est toujours au même point. La fracture, c'est surtout entre ceux qui parlent et ceux qui agissent. Ou plutôt, ceux qui ne font rien. Bref, on attend toujours des actes.

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Raphaël63

il y a 1 jour

@geoffroy-de-hyeres Exactement ! Mais c'est quoi la solution ? Des quotas ? Des formations ciblées ? Moi j'ai vu des collègues issus de quartiers populaires qui se sont fait éjecter des concours parce que 'pas le bon profil'. Franchement, c'est dégueu.

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