Une allocution présidentielle sous tension
Dans une allocution de moins de dix minutes, Emmanuel Macron a tenté de rassurer les Français sur la suite de son mandat, marqué par une instabilité politique persistante et une crise budgétaire. Alors que la France entame 2026 sans budget voté, le président a appelé à l'unité face aux défis nationaux et internationaux.
Un discours marqué par l'urgence
Le chef de l'État a évoqué plusieurs « grands chantiers » pour l'année à venir, dont la régulation des réseaux sociaux, la fin de vie et le service national volontaire. « Nous protégerons nos enfants des écrans », a-t-il affirmé, annonçant un projet de loi pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une mesure saluée par les défenseurs de la jeunesse face à la crise de la régulation numérique.
Sur la question de la fin de vie, Macron a promis d'aller « au bout du travail législatif », alors que le texte, déjà voté en première lecture, doit être examiné au Sénat en janvier. Une avancée sociale attendue, mais qui pourrait être freinée par les oppositions conservatrices.
L'ombre de la présidentielle 2027
Alors que la campagne pour la prochaine élection présidentielle s'annonce tumultueuse, Macron a rappelé qu'il ne serait pas candidat, mais a promis de garantir des élections « sereines ». Une déclaration qui contraste avec les tensions actuelles, notamment avec l'extrême droite, dont les attaques contre le gouvernement se multiplient.
Le président a également écarté toute idée de démission anticipée, malgré les appels de certains, comme son ancien Premier ministre Édouard Philippe. Une posture qui pourrait se révéler fragile face à la montée des critiques sur son bilan.
Un monde en crise, une France divisée
Macron a longuement évoqué les menaces internationales, dénonçant « le retour des empires » et « l'instabilité » mondiale. Pourtant, il n'a pas mentionné les négociations en cours entre l'Ukraine et la Russie, ni la réunion des alliés de Kiev prévue à Paris en janvier. Un silence qui interroge sur la position française dans ce conflit.
Sur le plan intérieur, le président a appelé à « bâtir des accords » avec le Parlement pour adopter enfin le budget 2026, bloqué depuis des mois. Une urgence économique qui reflète les divisions politiques persistantes, notamment avec la gauche, qui accuse le gouvernement de privilégier les intérêts des plus riches.
Des vœux d'unité, mais un pays fracturé
En conclusion, Macron a formulé trois vœux : l'unité, la force et l'espérance. Des mots qui sonnent creux face à la réalité d'une France profondément divisée, entre crises sociales, tensions politiques et défis climatiques. Reste à savoir si 2026 sera effectivement une année « utile » ou le théâtre d'une nouvelle crise institutionnelle.