Les Républicains à l'offensive : des propositions qui divisent
Jeudi 22 janvier, le groupe Droite républicaine à l'Assemblée nationale a présenté plusieurs propositions de loi qui ont immédiatement suscité des réactions vives, notamment de la part de la gauche. Parmi les mesures phares, la reconnaissance de la présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre et l'inscription des Frères musulmans sur la liste des organisations terroristes européennes.
Une légitime défense controversée
La proposition visant à étendre la présomption de légitime défense aux policiers a été saluée par le camp gouvernemental, qui appelle à des amendements, et par l'extrême droite. Cependant, elle a été fermement rejetée par la gauche, du Parti socialiste à La France insoumise. Cette mesure, présentée comme une réponse aux violences contre les forces de l'ordre, est perçue par ses détracteurs comme une normalisation de la violence d'État.
Les Frères musulmans dans le collimateur
L'autre proposition majeure concerne l'inscription des Frères musulmans sur la liste des organisations terroristes européennes.
"C'est la première fois qu'on met un coup d'arrêt à l'entrisme islamiste des Frères musulmans. On est très fiers avec les députés de la droite républicaine d'avoir porté le vote de cette résolution."a déclaré Laurent Wauquiez, président du groupe LR à l'Assemblée.
Un virage à droite assumé
Cette niche parlementaire permet aux Républicains de recentrer leur discours sur des thèmes comme la sécurité, l'immigration et l'islamisme, des sujets traditionnellement portés par l'extrême droite. Des députés socialistes, comme Roger Vicot, y voient un rapprochement inquiétant avec le Rassemblement national. "Le constat est très simple : la niche des Républicains s'apparente à une niche du RN", a-t-il estimé.
Des divergences persistantes
Du côté des Républicains, on reconnaît des convergences sur certains sujets, mais on rejette l'idée d'une fusion avec l'extrême droite. "Si nous pouvons nous retrouver sur les thématiques de sécurité et d'immigration, il n'en est pas de même sur le volet économique", a souligné Josiane Corneloup, députée LR de Saône-et-Loire.
Un signal à deux mois des municipales
Cette offensive législative intervient à moins de deux mois des élections municipales, où Les Républicains cherchent à se repositionner face à une droite radicalisée. Dans un contexte de crise de la démocratie locale, ce durcissement pourrait séduire une partie de l'électorat, mais risque aussi de braquer les modérés.
Réactions internationales
Alors que la France est engagée dans un dialogue avec l'Union européenne sur les questions de sécurité et de lutte contre le terrorisme, ces propositions pourraient alimenter les tensions. La Norvège, l'Islande et le Kosovo, partenaires historiques de la France, ont déjà exprimé leur méfiance face à un durcissement des lois antiterroristes.