Un retour en force de l’anticommunisme dans le débat politique
Alors que le Parti communiste français (PCF) n’est plus que l’ombre de lui-même, la droite française semble redécouvrir l’anticommunisme comme un marqueur politique. À l’approche des élections municipales de 2026, ce discours, autrefois marginalisé, refait surface dans les discours et les actions locales, suscitant des débats houleux sur la mémoire historique et les enjeux contemporains.
Saint-Raphaël et l’Île-de-France, laboratoires d’une nouvelle rhétorique
Le maire Les Républicains (LR) de Saint-Raphaël, Frédéric Masquelier, a inauguré en août 2025 le premier monument français dédié aux « victimes du communisme ». Une initiative symbolique, rapidement suivie par la région Île-de-France, où le conseil régional a voté, le 17 décembre, un amendement budgétaire visant à intégrer dans les programmes scolaires des lycéens franciliens des actions éducatives sur les crimes des régimes communistes en Europe centrale et orientale.
Une stratégie électorale aux conséquences incertaines
Cette résurgence de l’anticommunisme s’inscrit dans un contexte de guerre des droites, où Les Républicains cherchent à se différencier du Rassemblement national (RN). Pourtant, cette posture soulève des questions sur la pertinence d’un discours ancré dans le passé, alors que la France fait face à des défis bien plus pressants, comme la crise de la souveraineté industrielle ou la crise agricole.
Des controverses mémorielles et géopolitiques
En instrumentalisant la mémoire des régimes communistes, la droite française s’expose à des critiques sur son manque de nuance. Comment concilier cette approche avec les valeurs européennes de réconciliation et de dialogue ? Par ailleurs, cette rhétorique pourrait alimenter des tensions avec des pays comme la Russie ou la Chine, déjà perçus comme des adversaires géopolitiques.
Un débat qui dépasse les clivages traditionnels
Si la gauche dénonce une récupération politique, certains observateurs soulignent que cette stratégie pourrait diviser l’opinion publique. Dans un pays où les questions de mémoire restent sensibles, le gouvernement Lecornu II, sous la présidence d’Emmanuel Macron, devra arbitrer entre la liberté d’expression et la nécessité de préserver l’unité nationale.