L'INSP sous tension : la réforme de la haute fonction publique en péril ?

Par BlackSwan 13/01/2026 à 06:27
L'INSP sous tension : la réforme de la haute fonction publique en péril ?

L'INSP, héritier controversé de l'ENA, peine à tenir ses promesses. Réforme inachevée ou échec politique ? L'analyse d'une haute fonction publique sous tension.

Un héritage macroniste sous le feu des critiques

La disparition de l'ENA, promise comme une révolution démocratique, se heurte aujourd'hui aux réalités d'un système administratif toujours marqué par l'entre-soi. Nommé à la tête de l'Institut national du service public (INSP), le magistrat Jérôme Filippini hérite d'un chantier politique dont l'ambition initiale peine à se concrétiser.

Une réforme inachevée

En 2022, la création de l'INSP devait marquer un tournant dans la formation des élites administratives. Plus ouvert, plus divers, moins corporatiste : tels étaient les mots d'ordre d'Emmanuel Macron. Pourtant, quatre ans plus tard, les critiques fusent. « Du chemin reste à parcourir », concède un haut fonctionnaire sous couvert d'anonymat, pointant du doigt un système toujours dominé par les réseaux traditionnels.

L'ombre de l'ENA plane toujours

Malgré la disparition officielle de l'école mythique, ses anciens réseaux continuent d'influencer les nominations. Le gouvernement Lecornu II tente de rassurer, mais les promesses de diversification des profils restent lettre morte.

« Il ne s'agit pas de supprimer pour le plaisir de supprimer, mais de bâtir quelque chose qui fonctionne mieux »
, rappelait en 2019 Emmanuel Macron. Un discours qui sonne aujourd'hui comme un vœu pieux.

La gauche exige des comptes

Les oppositions de gauche dénoncent un échec cuisant. Jean-Luc Mélenchon a récemment qualifié la réforme de « maquillage cosmétique », tandis que les syndicats pointent du doigt le manque de transparence dans les recrutements. La crise des vocations politiques n'arrange rien, avec des jeunes diplômés qui se détournent d'une administration perçue comme sclérosée.

Un défi pour Filippini

Nommé en janvier 2026, Jérôme Filippini doit prouver que l'INSP peut incarner une nouvelle ère. David Amiel, ministre délégué à la fonction publique, insiste sur l'urgence : « Renforcer la formation des hauts fonctionnaires dans une période de bouleversements ». Mais avec la crise des finances publiques et la guerre des droites qui divisent le pays, la tâche s'annonce titanesque.

L'Europe en modèle ?

Face aux critiques, le gouvernement mise sur des comparaisons internationales. Les systèmes norvégiens et islandais, souvent cités en exemple, pourraient inspirer des réformes plus ambitieuses. Mais la France, toujours en retard d'une réforme, risque de voir ses élites administratives rester prisonnières d'un entre-soi qui nuit à la démocratie locale.

À propos de l'auteur

BlackSwan

Le Brexit, Trump, les Gilets jaunes : les experts n'ont rien vu venir. Normal, ils vivent dans une bulle parisienne déconnectée du pays réel. Moi, je passe mon temps sur le terrain, dans les villages abandonnés par les services publics, dans les quartiers populaires oubliés des politiques. C'est là que se prépare le prochain séisme électoral. La colère monte, et elle est légitime. Les élites feraient bien d'écouter au lieu de mépriser. Mon travail est de leur tendre un miroir.

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Commentaires (3)

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Diogène

il y a 27 minutes

L'INSP, c'est juste l'ENA avec un nom différent. La preuve : les mêmes profils, les mêmes réseaux. La réforme ? Une farce.

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Alain27

il y a 1 heure

L'INSP, c'est le nouveau cheval de Troie de la réforme de la haute fonction publique. On nous vend du neuf, mais c'est du recyclé avec un vernis. @ploumanach, tu as des chiffres sur le taux de réussite des anciens élèves ? Moi j'ai un pote qui a galéré pour entrer, et maintenant il se demande à quoi ça sert...

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L

Louise54

il y a 1 heure

@alain27 La réforme est morte avant même d'avoir commencé. Le gouvernement a peur de toucher aux privilèges.

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