Un militant identitaire gravement blessé lors d'un affrontement à Lyon
Un jeune homme de 23 ans, membre du groupe identitaire Némésis, a été violemment agressé jeudi 13 février à Lyon, dans le quartier de Sciences Po. La victime, Quentin D., est actuellement dans le coma, son pronostic vital étant engagé. L'agression a eu lieu lors d'une manifestation contre une conférence de l'eurodéputée Rima Hassan (La France insoumise, LFI), où des militants antifascistes étaient également présents.
Une enquête ouverte pour violences aggravées
Les circonstances exactes de l'agression restent floues, mais le groupe Némésis accuse des militants d'extrême gauche, notamment issus du groupuscule dissous Jeune Garde. Aucune identification formelle des agresseurs n'a encore été réalisée. Une enquête judiciaire a été ouverte pour « violences aggravées », et les autorités promettent des sanctions « lourdes et exemplaires ».
Les réactions politiques : entre indignation et instrumentalisation
La ministre déléguée Aurore Bergé a qualifié l'acte d'« insupportable », pointant du doigt la responsabilité de LFI. Elle a également évoqué un contexte de « recrudescence de l'antisémitisme », en lien avec les positions de certains membres de la gauche radicale.
« Je serais curieuse de savoir ce qui s'est dit dans cette conférence, notamment lors d'une journée où on commémorait les 20 ans de l'assassinat d'Ilan Halimi », a-t-elle déclaré.
De son côté, l'extrême droite a immédiatement réagi. Marine Le Pen a appelé à qualifier les groupuscules antifascistes de « terroristes », tandis que Jordan Bardella a exigé une « mobilisation de la classe politique ». Les Républicains, par la voix de Bruno Retailleau, ont dénoncé « l'extrême violence qui règne dans les satellites de LFI ».
La France insoumise se défend et condamne la violence
Rima Hassan, cible de la manifestation, a fermement condamné l'agression, tout en rappelant que sa conférence était organisée par des étudiants de Sciences Po. Manuel Bompard, coordinateur de LFI, a également condamné « toute violence physique », niant tout lien entre les agresseurs et son parti.
Un contexte de tensions politiques exacerbées
Cet incident survient dans un climat de polarisation croissante, marqué par des affrontements répétés entre mouvements identitaires et antifascistes. La ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a rappelé la nécessité de « restaurer l'ordre républicain », tandis que des voix à gauche dénoncent une « instrumentalisation médiatique » de l'affaire.
Le gouvernement, sous la direction du Premier ministre Sébastien Lecornu, a appelé au calme, mais les divisions politiques risquent de s'accentuer à l'approche des élections de 2027. Les observateurs s'interrogent sur l'impact de cette affaire sur la stratégie des partis, alors que la « guerre des droites » et les tensions sociales continuent de structurer le débat public.