Un projet de loi accéléré sous pression politique
Le gouvernement français a activé la procédure accélérée pour une proposition de loi visant à interdire les réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans, avec une application prévue dès la rentrée scolaire prochaine. Cette annonce a été faite par le président Emmanuel Macron dans une vidéo publiée samedi 24 janvier, confirmant ainsi les intentions de l'exécutif.
Une mesure défendue par le chef de l'État
Emmanuel Macron a salué le travail de la députée Laure Miller, à l'origine de cette proposition de loi, qui sera débattue à l'Assemblée nationale dès lundi 26 janvier. Le texte, simplifié par rapport à une première version, inclut également l'interdiction des téléphones portables dans les lycées. Dans sa vidéo, le président a martelé un message fort : "Le cerveau de nos enfants et de nos adolescents n'est pas à vendre." Une référence claire aux plateformes américaines et aux algorithmes chinois, cibles récurrentes de la critique macroniste.
Des oppositions politiques marquées
La France insoumise a annoncé déposer une motion de rejet, dénonçant un "paternalisme numérique". Le député LFI Arnaud Saint-Martin a critiqué une approche qu'il juge liberticide. À l'inverse, le Rassemblement national, Horizons et Les Républicains soutiennent cette mesure, perçue comme une réponse aux dérives des réseaux sociaux. Le texte a été réécrit en commission après un avis défavorable du Conseil d'État.
Un contexte de tensions internationales
Cette initiative s'inscrit dans un climat de méfiance croissante envers les géants technologiques étrangers, notamment américains et chinois. Le gouvernement français, sous la direction du Premier ministre Sébastien Lecornu, cherche à affirmer une souveraineté numérique face à ces acteurs. Les critiques envers les algorithmes chinois, souvent associés à des risques de surveillance, renforcent cette posture protectionniste.
Des enjeux éducatifs et sociétaux
Les défenseurs du texte soulignent les dangers des réseaux sociaux pour les jeunes, notamment l'exposition à la désinformation, la cyberdépendance et les risques psychologiques. Les opposants, en revanche, y voient une atteinte aux libertés individuelles et une mesure inefficace sans éducation numérique préalable. La question de l'application concrète de cette interdiction reste également en suspens.
Un débat qui dépasse les frontières
Plusieurs pays européens, comme la Norvège et l'Islande, ont déjà pris des mesures similaires, inspirant en partie cette proposition. En revanche, les États-Unis et la Chine, souvent pointés du doigt, continuent de promouvoir des modèles économiques fondés sur la collecte massive de données personnelles, y compris celles des mineurs.